Le président de Facebook l'avait promis, il est venu dialoguer avec les députés européens. Il y a en grande partie réitéré les promesses faites devant le Congrès américain, tout en évoquant en guise de bonne foi des investissements plus importants en Europe. Avant de partir un peu précipitamment, sans répondre à tous.

Mark Zuckerberg s'est exprimé face aux parlementaires européens
Mark Zuckerberg s'est exprimé face aux parlementaires européens © Capture d'écran / Parlement Européen

Le scandale Cambridge Analytica aura au moins eu ce mérite : il a fait prendre pleinement conscience à de nombreux représentants à travers le monde de l'importance prise par Facebook dans le débat public. Et il a obligé le principal intéressé à venir expliquer ce qu'il comptait ou pouvait faire pour éviter que son réseau social ne soit détourné à des fins politiques.

C'est en tout cas, pour Mark Zuckerberg, le principal enjeu pour son entreprise dans les mois et les années à venir. "Nous n'avons pas adopté une vision suffisamment large de notre responsabilité", a répété à plusieurs reprises le patron américain face aux députés européens. Une responsabilité liée selon lui à la question des "fake news", et plus largement à l'utilisation du réseau social pour influencer des élections, une question au cœur de l'affaire Cambridge Analytica mais aussi de celle des publicités ciblées russes pendant la campagne américaine.

Rééquilibrer les influences

Mark Zuckerberg assure d'ailleurs que ce type de méthodes, qu'il dit déjà combattre plus efficacement (notamment avec des intelligences artificielles plus développées ces derniers mois) a aussi touché l'Europe, et que Facebook a limité les dégâts. Il explique ainsi que lors des élections françaises en 2017, près de 35.000 faux profils ont été supprimés (sans vraiment préciser pour quels motifs). Mais aussi que Facebook aurait ces derniers mois beaucoup fait pour pousser les citoyens à s'inscrire sur les listes électorales : autrement dit, qu'il aurait aussi eu un effet bénéfique en termes de démocratie.

Des pare-feux qui lui ont attiré les foudres de certains parlementaires européens, comme le pro-Brexit Nigel Farage, qui rappelle que Facebook a permis à son mouvement et à ses idées de gagner en influence et donc de "contourner les médias traditionnels". Même inquiétude pour le député européen FN Nicolas Bay, qui s'alarme de la suppression récente de la page Facebook de Génération Identitaire suite à son opération dans les Alpes, et dénonce une "dérive inquiétante, de nature totalitaire".

Le patron de Facebook affirme de son côté que son réseau social ne prend et ne prendra pas la moindre décision sur la base d'opinions politiques : "Nous sommes une plateforme pour toutes les idées. Nous permettons les débats politiques." Tant qu'ils respectent certaines règles, plus strictes désormais : "En 2016 nous avons été trop lents pour identifier les interférences russes sur notre plateforme. Nous n'étions pas préparés. _Nous avons fait des investissements significatifs pour se préparer à de telles attaques._"

D'autres promesses en chiffres

Au-delà de ces questionnements sur le rôle de Facebook dans les démocraties, Mark Zuckerberg n'est pas venu en Europe les mains vides. Dans ses explications, il a ainsi rappelé (comme pour couper court à certaines questions sur l'optimisation fiscale de son groupe dans l'Union européenne) qu'il était en train d'investir massivement en Europe. D'environ 7.000 personnes employées par Facebook en Europe aujourd'hui, il assure vouloir passer à "une dizaine de milliers" d'emplois répartis dans 12 pays européens

Un présent qui n'a pas empêché le président de Facebook d'être passé au grill, moins longuement que face au Congrès américain, toutefois. Après son introduction, il a ainsi entendu toute une série de questions variées venues des parlementaires, sans toutefois prendre vraiment le temps de répondre à chacune : c'est d'ailleurs Mark Zuckerberg lui-même qui a mis fin à l'audition, s'éclipsant en assurant avoir "un vol" à prendre.

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