Léna, Lucas, Connor, Bas et Elena sont des enfants transgenres, nés « dans le mauvais corps ». Ils témoignent dans un film plein d'espoir diffusé ce mardi soir sur France 5.

Léna  : " En lisant des témoignanges d'autres garçons et d'autres filles transgenres, je me suis reconnue dans leurs histoires.""
Léna : " En lisant des témoignanges d'autres garçons et d'autres filles transgenres, je me suis reconnue dans leurs histoires."" © Morgane production

Devenir il ou elle, un documentaire, diffusé sur France 5 ce mardi, fait un choix audacieux : celui de faire témoigner ces cinq enfants et leurs familles. Car oui, les enfants ont un sexe et une identité sexuelle qui peut être très affirmée, très jeune, à l'image de Léna, 17 ans. Cette jeune fille au visage fin et aux gestes gracieux, est née garçon. *_"Elle s'était toujours sentie fille dans un corps de garçon",\ *_explique sa mère. Cette maman tente de comprendre malgré les blocages que l'on sent encore bien présents, notamment dans une scène où mère et fille s'engueulent en douce sous l’œil de la caméra, au sujet de cette identité si difficile à conquérir pour Léna.

On suit nos cinq protagonistes en France et au Pays-Bas. Au fil des parcours et des témoignages de l’hôpital, à la maison, de l’école aux locaux d’association, on découvre un monde inconnu, celui des transgenres, de leur rapport à l’institution, à l’école, à leurs parents, mais aussi et surtout à eux-mêmes et à leurs corps. Ils n’ont qu’une envie, celle d’être comme tout le monde, de se réapproprier ce corps afin qu’il corresponde à ce qu'ils ressentent et qu’enfin, ils puissent être comme "tout le monde".

Malgré un parcours médical et psychique compliqué et lourd, ce qui ressort de ce documentaire, c’est avant tout l’idée de liberté et d’espoir, l’espoir qu’il est toujours temps de choisir celui ou celle qu'on a envie de devenir.

Un chemin sinueux

En France et aux Pays-Bas, les deux auteurs de ce film nous emmènent sur le chemin plus ou moins sinueux pour retrouver un équilibre psychique et physique. Longtemps considéré sous l’angle de la pathologie psychiatrique, en France, ce trouble tarde à être reconnu. Une seule et unique structure existe dans l'Hexagone depuis 2014 pour prendre en charge la question spécifique des enfants transgenres.

Les transgenres, et à plus forte raison les enfants transgenres, sont encore très peu invités à s'exprimer dans les médias.

Ce documentaire va d'ailleurs faire découvrir ce sujet à de nombreux téléspectateurs. A ce titre, les cinq adolescents qui acceptent de témoigner pour la première fois sont d'autant plus courageux qu'ils le font, publiquement, dans un climat plus que tendu sur la question du genre en France.

Le magazine Têtu racontait récemment que l’édition française de National Geographic, qui aurait pu consacrer sa couverture à des enfants "trans", aurait préféré un paysage russe.

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