La chaîne Youtube "Et tout le monde s'en fout" dispose de 470 000 abonnés. Une chaîne à succès dont l'équipe a choisi de dévoiler aux jeunes la vraie vie des youtubeurs. On n'est pas star du web par hasard. Travail, réseau, salaires, Marc de Boni, membre fondateur de la chaîne, raconte.

La chaîne Youtube "Tout le monde s'en fout" compte 474 000 abonnés
La chaîne Youtube "Tout le monde s'en fout" compte 474 000 abonnés © Axel Lattuada/ Marc de Boni/Mia Productions

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La chaîne Youtube "Et tout le monde s'en fout"

Par Christine Siméone

Après deux ans de production vidéo avec des séries assez donneuses de leçons, la chaîne Youtube Et tout le monde s'en fout décidé de passer à une dimension plus concrète. Un livre pour commencer, guide pratique sur des sujets de société comme vivre avec zéro déchets ou agrandir sa zone de confort,  un spectacle de théâtre prochainement, et des programmes en partenariat avec des institutions comme le conseil de l'Europe, sur les droits de l'Homme ou l'Onu sur la traite des humains. 

Par ailleurs Et tout le monde s'en fout se rapproche physiquement de son public en proposant des formations aux jeunes qui veulent apprendre à faire de la vidéo pour mettre en valeur leur territoire et engager des démarches de responsabilité sociale. Avec des centres de jeunesse en Savoie, ou des jeunes en difficulté au Bourget, il s'agit de leur permettre de s'approprier l'outil vidéo et de casser le mythe du youtubeur à succès à qui tout sourit. N'est pas Norman ou Cyprien qui veut, et d'ailleurs il ne suffit pas de le vouloir, ce sont des années de travail, des compétences diverses rassemblées dans des équipes de production, bref, "on est rarement youtubeur tout seul", explique Marc de Boni, co-fondateur de Et tout le monde s'en fout

Et tout le monde s'en fout par exemple, a tout de suite fait le choix de s'adosser à une société de production et fonctionne avec un comédien, Axel Lattuada. Au total quatre personnes travaillent à la réalisation d'une vidéo toutes les deux semaines environ. 

"Je préfère dire aux jeunes que _ce n’est pas un métier mais plutôt un outi_l, explique Marc de Boni. "Je leur apprends à utiliser un outil narratif. Comment se raconter soi-même ? C’est l’enjeu pour les jeunes en difficulté. Le youtubeur c’est une figure à laquelle on s’identifie, mais la vraie difficulté c’est de se raconter"

C’est pas un métier c’est un hobby

Youtubeur, un job de dépendance

Marc de Boni aime casser le mythe et rappelle que ses compétences de journaliste ne sont pas pour rien dans la réussite de sa chaîne : "On gagne peu d’argent là-dessus ; c’est aussi difficile que de vouloir devenir guitar hero, ça n’existe que dans les contes. Les miraculés ne le sont pas, il y a du travail, des échecs, du réseau. Il ne suffit pas de dire des bêtises devant une caméra pour gagner 3 000 euros par mois" .

Il n'a pas peur de donner des chiffres et de rappeler que sa chaîne n'a pas gagné d'argent avant un an et demi de présence sur Youtube, et qu'aujourd'hui chacun des protagonistes gagne entre 600 et 2 000 euros par mois. 

"Il faut rappeler que le youtubeur est une personne précaire qui dépend de l’air du temps et du goût du public", explique Marc de Boni aux jeunes rêveurs. "Ces notions sont changeantes. Le youtubeur n’est pas en liberté, il est à la merci du public et de ces diffuseurs".

Il dépend aussi des algorithmes de son "diffuseur". "Nous dépendons de Youtube, on a refusé les publicités pour en pas rentrer en conflit par rapport à nos contenus, mais certaines de nos vidéos ne sont pas classées dans les tendances quand elles parlent de sexualité, alors que nos contenus ne prêtent pas à polémique et ne sont pas choquants. On a traité par exemple de la représentation du clitoris dans l’enseignement ou l’espace public, sans que ça heurte quelque sensibilité que ce soit. Mais la vidéo a été invisibilisée." regrette Marc de Boni. Les algorithmes de Youtube ont repéré le mot "sexe" dans le titre et ont fait le ménage. 

Marc de Boni travaille maintenant à la création d'une fédération des créateurs vidéos pour essayer de structurer ce métier qui n'en est pas encore tout à fait un.

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