Le patron du patinage français, Didier Gailhaguet, a annoncé samedi sa démission de la présidence de la fédération française des sports de glace (FFSG), en plein scandale de violences sexuelles. Le patron du patinage français s'est déjà sorti de plusieurs crises.

Didier Gailhaguet ex-président de la FFSG
Didier Gailhaguet ex-président de la FFSG © Getty / Christof Koepsel - International Skating Union /

Une affaire de tricherie

Éclaboussé par une affaire de tricherie aux JO de Salt Lake City en 2002, il avait été interdit de toute fonction dans le patinage international pendant trois ans. 

L'affaire s'est déroulée quasiment en direct à la télévision. Le couple canadien était favoris, mais n'a eu qu'une médaille d'argent. Experts et sportifs sur place avaient exprimé leur trouble devant les notes distribuées. Cela avait poussé la juge française à affirmer qu'elle avait reçu une pression du président Gailhaguet, qui lui aurait demandé de favoriser l'équipe russe, en échange de la bienveillance des Russes sur la prestation des compétiteurs français. Dans un deuxième temps, elle s'était rétractée.  A l'époque, le patineur français en compétition, Gwendal Peizerat,  avait réagi en estimant que Gailhaguet n'était pas "un exemple en termes de valeurs morales". 

Ce scandale a valu à Didier Gailhaguet une interdiction de toute fonctions dans les instances internationales du sport pendant trois ans. 

Les instances françaises, de leur côté, ne lui ont pas démenti leur soutien et l'ont reconduit à la tête de la FFSG.  Toutefois le ministère des Sports s'est penché à l'époque sur le cas de Didier Gailhaguet, et les conclusions de son rapport décrivaient un fonctionnement "personnel", pour ce président auquel il reprochait de se prendre trop souvent pour un directeur technique national, trop interventionniste en lieu et place des cadres techniques de la fédération.

Plus tard, quand le patineur Gwendal Peizerat sera candidat à la présidence de la FFSG,en 2014, il dénoncera un système « sclérosé ».

Des dérives de gestion

Un autre rapport, celui de la Cour des comptes, va le sanctionner clairement en 2004. Là, il s'agit de la gestion de la FFSG, qui lui vaut d'être désavoué par son bureau exécutif et de devoir démissionner. 

La Fédération française des sports de glace se trouvait dans une situation financière délicate, consécutive, selon son président, à une réduction des droits de retransmission télévisée et à l’annulation d’une tournée des patineurs français. Devant son incapacité à rétablir les comptes, le ministère des Sports avait sollicité un plan de restructuration piloté par une équipe transitoire.

Didier Gailhaguet n'avait reconnu qu'une seule erreur dans sa gestion : le versement des aides personnalisées aux athlètes – environ 500 000 euros. Et en 2007, il se faisait réélire et retrouvait son fauteuil de président. 

Les révélation de Sarah Abitbol

Depuis plus d'une semaine, le sport français vit une crise sans précédent, déclenchée par une vague de révélations de violences sexuelles. Plusieurs anciennes patineuses ont accusé trois entraîneurs d'avoir abusé d'elles entre la fin des années 1970 et le début des années 1990, quand elles étaient adolescentes. Tout est parti de la publication du témoignage de l'ancienne championne Sarah Abitbol, dans son livre "Un si long silence" (Plon). Elle y accuse Gilles Beyer, l'ex-entraîneur accusé de viols et d'agressions sexuelles.  

Après avoir contre-attaqué sévèrement contre les ministres des Sports, Marie-Georges Buffet, et Roxana Maracineanu, qui avait exigé sa démission lundi, il a donc réuni un conseil fédéral extraordinaire.

"Dans un souci d'apaisement, j'ai pris avec philosophie, dignité, mais sans amertume la sage décision de démissionner", a-t-il annoncé aux journalistes à la sortie du conseil fédéral, à Paris, mettant fin à un long règne qui avait commencé en 1998, avec une parenthèse entre 2004 et 2007.

Pour le patineur Gwendal Peizerat, "l'important, ce n'est pas que Didier Gailhaguet parte aujourd'hui. L'important, c'est qu'il ne revienne plus".

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