Un rapport du Défenseur des droits publié lundi relate le "parcours d'obstacles" pour trouver un emploi quand on est d'origine étrangère. Plus de 750 personnes ont témoigné.

La consonance du nom et la couleur de peau font partie des facteurs les plus importants de discrimination à l'embauche
La consonance du nom et la couleur de peau font partie des facteurs les plus importants de discrimination à l'embauche © Maxppp /

La situation est "urgente", si l'on en croit le Défenseur des droits. L'institution dirigée par Jacques Toubon a publié ce lundi un panorama "particulièrement inquiétant" des discriminations à l'embauche, liées à l'origine. Et, précise Jacques Toubon, ce sont les personnes vues comme arabes ou musulmanes qui en font les frais en premier :

Les personnes qui sont vues comme arabes apparaissent sur-stigmatisées du fait de la consonance de leur nom et de leurs supposées convictions religieuses.

Ce rapport est le fruit d'un appel à témoignages lancé par le Défenseur des droits entre mars et juin 2016. En tout, plus de 13 000 personnes se sont connectées sur le site internet de l'enquête, et 758 d'entre elles sont allées jusqu'au bout de ce questionnaire (dont 57% de femmes). Et sur ces 758 personnes, dont 80% sont de nationalité française, 61% disent avoir été souvent ou très souvent victimes de discrimination à l'embauche au cours des cinq dernières années. Et seuls 11% des témoignages ne font état que d'une seule expérience de discrimination.

Départ à l'étranger

Le marqueur religieux semble se superposer au marqueur racial : pour 88% des femmes et 94% des hommes qui disent avoir été perçus comme arabes, ils ont aussi été considérées comme étant de confession musulmane (alors que ce n'était pas forcément vrai). L'origine, la consonance du nom, la couleur de peau et la religion sont les quatre principaux motifs rapportés pour la discrimination à l'embauche.

Conséquence de ces discriminations : pour 40% des personnes qui ont témoigné, partir à l'étranger est la meilleure solution, pour ne pas avoir à accepter un emploi moins qualifié ou moins bien payé. En comparaison, seuls 9% des gens qui ont livré leur témoignage ont choisi de se tourner vers l'entrepreneuriat.

Une femme de 27 ans témoigne :

Je travaille dans l'informatique bancaire, j'ai 27 ans, j'ai un bac +5, je parle quatre langues couramment, j'ai de l'expérience mais toujours pas de CDI... actuellement je pense à changer de pays et monter ma boîte à l'étranger .

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