Les chiffres de l'application Géovélo montrent notamment qu'à Paris et Lyon, villes plus denses et plus peuplées, on circule plus lentement qu'ailleurs à bicyclette.

Le vélo est de plus en plus choisi comme moyen de transport à Paris : ces cyclistes traversent la place de la Concorde et se dirigeant vers l'Assemblée nationale, à Paris.
Le vélo est de plus en plus choisi comme moyen de transport à Paris : ces cyclistes traversent la place de la Concorde et se dirigeant vers l'Assemblée nationale, à Paris. © Radio France / Xavier Demagny

Le boom du vélo n'est plus une surprise. Depuis le déconfinement, de nombreux Français et Françaises se sont mis à pédaler, notamment pour aller au travail, y compris en ces semaines au temps de plus en plus maussade. Nous l'avons souvent expliqué ici ou , en particulier pour Paris grâce aux données des compteurs de passages, installés à de nombreux endroits de la capitale ces dernières années. Néanmoins, il était jusque-là difficile d'obtenir des informations à propos des autres grandes villes du pays.  

L'association Vélo et territoires fournit par exemple un bulletin quinzomadaire de fréquentation des axes cyclables post-confinement, mais regroupe les localités selon qu'elles sont dans un secteur urbain, semi-urbain ou rural. Les données de l'application Géovélo, le Google Maps des cyclistes, mettent pour leur part en lumière des disparités d'une ville à l'autre et les diverses tendances. Voici quelques indicateurs, sur la base des chiffres que France Inter a pu consulter, pour les villes de Paris, Lyon, Toulouse, Nantes.

Ces données, partagées par l'application avec les collectivités locales, sont issues des enregistrements effectués par les utilisateurs actifs de l'application (150.000 en France) dans des villes qui bénéficient d'une communauté conséquente et représentative. Nuance évidente : elles ne représentent que les utilisateurs qui utilisent cette application et confondent par exemple les chiffres des sportifs et des "vélotaffeurs".  

Vitesse moyenne par trajet : le cas particulier de Paris et de Lyon

Globalement - et c'est assez logique - on constate une forte hausse de la vitesse moyenne des cyclistes en mars et en avril, dans les cinq villes observées, "entre 10 et 20% de plus dans toutes les villes", note Antoine Laporte Weywada, directeur du développement de Géovélo. Confinement, cela veut dire moins de déplacements et donc, pour ceux qui se déplaçaient quand même, moins d'obstacles. Cette vitesse a brutalement chuté en mai, mois du déconfinement (le 11 mai), sans doute à cause de la forte fréquentation, de l'arrivée de néo-cyclistes et de la reprise du trafic auto, pour, ensuite, progresser de nouveau petit à petit dans chaque ville. "Signe aussi que les vélos sont aussi victimes des bouchons et de la congestion de la circulation."

C'est à Nantes qu'on roule, globalement le plus vite. Mais "Paris et Lyon sont des cas particuliers". "Dans ces deux villes, on trouve une vitesse moyenne entre 13 et 13,5 km/h en moyenne sur l'année. Là où sur les 3 autres villes, on est plutôt entre 15,5 et 16,5 km/h de moyenne. On observe clairement la différence entre des villes très denses comme Paris et Lyon face à Nantes et Toulouse qui permettent sans doute d'avoir des vitesses de déplacement un peu plus confortables." 

Temps d'arrêt par kilomètre : là aussi, densité veut dire stop

Autre donnée, le temps d'arrêt, forcément corrélé à la vitesse moyenne. La courbe est donc inversée. Et on s'arrête seulement une trentaine de secondes à Nantes et Toulouse. On constate globalement un pic du temps d'arrêt au mois de mai (reprise du trafic, engorgement, aménagements temporaires) et en septembre, avec la rentrée. 

"Ce temps d’arrêt est un bon indicateur pour mesurer la fluidité du trafic. Mettre le pied à terre c'est quand même la chose la moins agréable à vélo ! Là encore, Paris et Lyon, c'est quand même les zones où on s'arrête le plus fréquemment. Là encore, pour une histoire de densité, de trafic. Quasiment une minute pour Paris et Lyon. Là où les autres villes sont plutôt autour de 35 secondes d'arrêt par km", détaille Antoine Laporte Weywada.

Distance moyenne par trajet : en augmentation partout

Les champions de la distance, étonnamment, ne sont pas les Parisiens, même si la distance parcourue dans la capitale est souvent importante (7 km par trajet en moyenne). Les champions semblent être globalement les  Toulousains (8 km en moyenne depuis le déconfinement) et les Nantais (entre 7 et 8 km), même si l'on note une certaine constance dans la capitale : sur l'année, la distance moyenne est globalement en augmentation. À Lyon, le trajet moyen se stabilise autour de 6 km en post-confinement, quand il était à moins de 5 km au début de l'année. 

"Cela s'explique par les aménagements réalisés et la conversion de nombreux usagers des transports en commun et de la voiture individuelle vers la solution vélo. De plus en plus de gens n'hésitent pas à faire parfois jusqu'à 10 kilomètres matin et soir." D'après Antoine Laporte Weywada, le développement du vélo électrique, soutenu par les pouvoirs publics, a aussi permis un déblocage sur la distance à parcourir quotidiennement. Les aménagements post-confinement y sont aussi pour beaucoup : plus la continuité du trajet est assurée, plus la distance peut augmenter. 

Dans la capitale, 80 % des déplacements se font sur à peine 10 % des axes. 

Au final et assez logiquement, le temps passé sur le vélo augmente aussi. Si l'on pédale sur une plus grande distance, on y passe forcément plus de temps : entre 15 et 30 minutes en moyenne, toutes villes confondues. Avec évidemment un creux en avril, mois confiné. Paris se détache, encore une fois, des autres villes avec un temps de trajet de 3 à 5 minutes supérieur aux autres villes observées.