Zyed et Bouna rassemblement
Zyed et Bouna rassemblement © Alexandre Marchi

Le 27 octobre 2005, Zyed et Bouna mouraient électrocutés à Clichy sous-bois dans un transformateur où ils s'étaient réfugiés. Le drame avait provoqué l’embrasement des banlieues. Dix ans après qu'est ce qui a changé ?

Manuel Valls dénonçait il y a sept mois l'"apartheid social, territorial et ethnique" en France. Ce lundi le Premier ministre a participé avec la majeure partie de son gouvernement aux Mureaux (Yvelines), une commune de la grande banlieue parisienne à un comité interministériel consacré à la mixité sociale et destiné à l'annonce ou à la confirmation d'une série de mesures.

Logements sociaux, contrôles de police et testing, cinq nouvelles mesures

Désormais, les préfets pourront se substituer aux maires récalcitrants pour faire appliquer dans leurs communes l'obligation fixée par la loi SRU (Solidarité et renouvellement urbains) d'avoir 25% de logements sociaux. D'ailleurs Manuel Valls a rendu publique lundi une liste de 36 communes, principalement dans le sud de la France et en banlieue parisienne, qui ne respectent pas les quotas en matière de construction de logements sociaux.

Manuel Valls a justifié l'abandon du "récépissé" pour lutter contre les contrôles de police au faciès - une promesse de campagne de François Hollande - par la mise en oeuvre de dispositifs "beaucoup plus ambitieux", notamment le retour du matricule et les caméras piétons, expérimentées depuis trois ans dans la police, et qui vont "faire partie de l'équipement classique des forces de l'ordre sur le terrain", a annoncé lundi Manuel Valls, mais sans calendrier précis.

Enfin, une campagne nationale de "testing", une technique visant à simuler des situations réelles pour identifier de possibles pratiques discriminatoires, va être lancée "fin 2015" dans le monde du travail.

Les explications de Laurence Peuron

"Moi je ne suis pas à la reconquête des banlieues"

Manuel Valls a justifié sa venue aux Mureaux - un déplacement très verrouillé -

Je suis là pour faire le point sur la mise en oeuvre des choix que nous avons annoncés au début de l'année après les événements tragiques que notre pays a connus (...) pour lutter contre la ségrégation que j'évoquais, c'est-à-dire cet apartheid territorial, social, ethnique qui touche une grande partie de notre pays, pour lutter contre les discriminations, pour lutter contre les phénomènes de radicalisation, mais aussi pour saluer le travail qui est engagé, pas depuis deux ans et demi seulement, mais depuis plusieurs années.

Qu'est ce qui a changé en dix ans à Clichy-sous-Bois

A l'époque, les politiques avaient promis de remédier aux principaux problèmes que connaît cette ville enclavée, mal desservie alors qu'elle n'est qu'à quelques kilomètres de Paris, aux grands tours délabrées.

Certaines choses ont effectivement changé. Il y a désormais un commissariat, une agence Pôle Emploi et une piscine. Et beaucoup de logements ont été rénové dans le haut Clichy, mais toujours pas au Chène Pointu. Le reportage de Géraldine Hallot

Adel Benna "on n’est pas tous égaux devant la justice"

Dans le livre Zyed et Bouna aux Edition Don Quichotte, Adel Benna et Siyakha Traoré, 39 et 31 ans, les grands frères de Zyed et Bouna, livrent leur version des faits avec l’aide de la journaliste du Parisien Gwenaël Bourdon qui voulait établir une fis pour toutes que "Zyed et Bouna n’avaient rien à se reprocher".

Pour Adel Benna, dix ans après, rien n'a changé car il n'y a pas eu de justice pour son frère :

Après dix ans de combat on a eu la certitude qu’il n’y a pas de justice et qu’on n’est pas tous égaux devant la justice.

►►► POUR EN SAVOIR PLUS | Le dossier sur le procès de mars 2015

Adel Benna et Gwenaël Bourdon étaient les invités du jounal de 13h de Claire Servajean

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