Henri Grouès, dit l'Abbé Pierre, est mort le 22 janvier 2007, il y a dix ans jour pour jour. Ce dimanche, plusieurs voix se sont élevées pour appeler à prolonger son action.

Ce dimanche, plusieurs opérations ont été menées en hommage à l'Abbé Pierre sur la Place de la République
Ce dimanche, plusieurs opérations ont été menées en hommage à l'Abbé Pierre sur la Place de la République © AFP / GEOFFROY VAN DER HASSELT

"Un résistant, frère des pauvres et provocateur de paix, qui a dédié sa vie au service des plus démuni, à la lutte contre l'exclusion et au dialogue inter-religieux" : ce sont les mots de François Hollande, qui a rendu hommage ce dimanche matin à l'Abbé Pierre, mort il y a dix ans jour pour jour, le 22 janvier 2007, à 94 ans.

Né en 1912, Henri Grouès, dit l'Abbé Pierre, a consacré toute sa vie de prêtre à la lutte contre la pauvreté et le mal-logement. Les communautés d'Emmaüs et la Fondation Abbé Pierre, prolongent désormais son action, la première en aidant les exclus à se reconstruire en les accueillant dans des lieux dédiés, la seconde en luttant notamment pour faire de la question du logement une question politique : quatre millions de personnes sont mal logées en France en 2016, selon la Fondation.

Ce dimanche, pour commémorer les dix ans de sa mort, un rassemblement populaire était organisé sur la place de la République, ainsi qu'un meeting de la société civile destiné à "inspirer une vision et de l'imagination aux candidats à la présidentielle". L'essayiste et agriculteur Pierre Rabhi et la féministe Caroline de Haas figuraient parmi les invités de cette table ronde. "L'idée, c'est également de présenter nos solutions, car on sait de par notre expérience de terrain que ces solutions existent", a expliqué sur France Inter Thierry Kuhn, président Emmaüs France.

"On peut créer dès aujourd'hui un million d'emplois, on peut créer des logements, c'est un réel investissement pour la société"

A ECOUTER : L'interview de Thierry Kuhn par Yves Decaens sur France Inter

"L'Abbé Pierre, c'est nous tous"

"Nous sommes tous des héritiers de l'Abbé Pierre, aujourd'hui 80% des Français le considèrent encore comme une icône, il est une référence à travers son combat et à travers sa capacité à trouver des solutions sur le terrain, et en même temps à interpeller les politiques, précise Thierry Kuhn.

Plus tôt dans la journée de dimanche, Nicolas Hulot (qui participait également au meeting citoyen d'Emmaüs France) a publié une tribune dans le JDDappelant les candidats à la présidentielle à "se prononcer vraiment pour pouvoir éradiquer cette pauvreté", ajoutant que "la solidarité doit être la pierre angulaire de tous les politiques, l'obsession de chaque responsable".

Autre association à se revendiquer comme héritière des causes défendues de l'Abbé Pierre - qui a soutenu plusieurs réquisitions de bâtiments inoccupés : Droit au logement (DAL). Plusieurs dizaines de ses militants ont accroché une banderole à l'effigie de l'homme d'église sur un bâtiment du 10e arrondissement : "un immeuble entièrement vide ; il appartient à la mairie de Paris qui veut le transformer en musée alors qu'il pourrait sans difficulté accueillir des sans-logis".

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