De nombreuses familles s'opposent encore aux prélèvements d'organes après la mort d'un proche. Comportement que l'agence de biomédecine souhaite voir évoluer.

Transplantation
Transplantation © Maxppp / Franck Dubray

Ce 22 juin 2016, c'est la seizième Journée nationale de réflexion sur le don d’organes et la greffe. Savez vous que depuis 1976 (40 ans), c'est la notion de consentement présumé qui prévaut ? Si le défunt n'a pas expressément refusé de donner ses organes, on peut considérer qu'il est consentant.

Dans les faits, les familles s'y refusent souvent car le moment est trop douloureux. Résultat : 21 000 personnes sont aujourd'hui en attente de greffe en France. L'agence de Biomédecine (qui gère les dons d'organes en France) veut donc que les Français s'approprient ce sujet, et en parlent en famille, pour ne pas être pris de court si la question doit se poser un jour. Comme elle s'est posée il y a cinq ans pour Sophie, la maman d'Emmanuel.

Emmanuel est mort le 25 juin 2011. Il roulait à moto, un tracteur lui a barré la route. Il avait 18 ans. Aujourd'hui, trois personnes vivent avec ses organes,  et pour sa mère, Sophie, ce don a rendu un peu de sens à cette perte insoutenable.

On a prélevé ses deux poumons, les deux reins, le cœur, le foie.. Il vit à travers ces personnes. Sa mort est moins inutile

Par le plus grand des hasards, Emmanuel et sa mère avaient parlé du don d'organe, deux jours avant sa mort. En regardant un reportage à la télévision, Emmanuel avait dit qu'il était pour. Ça a facilité la décision de Sophie quand la question s'est posée

Sa décision, elle était prise. Notre devoir c'était de respecter ce choix. On n'aborde pas suffisamment le sujet en amont. On ne sert à rien dans un cimetière

Aujourd'hui, Sophie ne sait rien des receveurs de son fils, sinon que l'un d'entre eux était jeune, plus jeune qu'Emmanuel.

 Aujourd'hui j'espère simplement, dit-elle, qu'ils sont en bonne santé et que ce sont des gens biens.

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