Depuis ce lundi, les homosexuels ne sont plus exclus du don du sang. Mais les conditions sont très restrictives.

Don du sang
Don du sang © AFP / CITIZENSIDE / THIERRY THOREL

Les personnes homosexuelles avaient été exclues de la collecte du sang en 1983, au début de l’épidémie de Sida. Mais la connaissance du virus a beaucoup évolué, et lors de sa campagne présidentielle en 2012, François Hollande s’était engagé à lever cette interdiction. Cette promesse a été concrétisée par arrêté ministériel en avril dernier. Et la levée de l’interdiction est entrée en vigueur ce lundi. Cela ouvre la possibilité de donner à environ 500.000 personnes, selon l’Etablissement Français du Sang. Si 4% donnent, cela fait 20.000 dons possibles. Ils se rajouteront aux trois millions de dons recueillis chaque année.

Le reportage de Véronique Julia, spécialiste Santé de France Inter.

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Les homosexuels peuvent désormais donner leur sang

Par Véronique Julia

Pour les associations, la discrimination persiste

Avant de faire un don, le volontaire doit remplir un questionnaire. Celui-ci a été modifié : il ne fait plus mention de l'orientation sexuelle de la personne, mais pointe toujours les risques liés aux pratiques sexuelles. Pour un don du sang, la contre-indication en cas de multiples partenaires est de quatre mois. Les homosexuels doivent, eux, répondre à des exigences beaucoup plus strictes : un homme qui a eu un rapport sexuel avec un autre homme ne peut donner son sang que si le dernier rapport remonte à plus de douze mois (jusqu’alors, le simple de fait de déclarer, même anciennement, des relations sexuelles homosexuelles était un motif d’exclusion). Pour le don de plasma, les autorités demandent une abstinence de quatre mois.

Selon l'association Homodonneur, le chiffre de 20.000 nouveaux donneurs est une illusion car les conditions sont bien trop strictes.

"L'enquête sur la sexualité des Français parue en 2006 est très claire : 6% des hommes ont déjà connu 12 mois d'abstinence sexuelle. Et donc il n'y aura pas les chiffres annoncés. Ou bien il y aura 20.000 menteurs". Frédéric Pecharman, du collectif Homodonneur.

Ces conditions pourront évoluer dans les prochaines années, si les études montrent que le risque de prélever du sang chez les donneurs homosexuels n'est pas plus élevé que chez les hétérosexuels.

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