Combien de morts ? C’est la question subsidiaire que se pose la Police Judiciaire française, après l’arrestation il y a deux semaines des sept douaniers de Roissy, accusés d’avoir subtilisé plusieurs millions d’euros en liquide dans des valises de trafiquants de cocaïne. Combien d’exécutions ont suivi la découverte d’un trou dans la comptabilité des cartels ? Parce que l’argent piqué a forcément manqué à quelqu’un.

Il faut imaginer la scène, qu’elle se passe en République Dominicaine, en Colombie ou ailleurs. Le messager dépose sa valise remplie de cash à son patron, qui en recomptant s’aperçoit qu’il manque un quart de la somme convenue. Le trafiquant fait quoi ? Il ne dépose évidemment pas plainte (« Holà Señor Comisario, on vient de me barboter 100 000 euros qui faisaient partie du paiement de 50 kilos de coke, je veux une enquête »). Premier passé à la question, le messager. Qui ne peut que nier, mais qui ne peut surtout pas dire pourquoi il manque 100 000 euros. Et à mon avis, répondre « No sé, peut être des bagagistes indélicats à l’aéroport » n’est pas une garantie de survie.

Sans en avoir la certitude absolue, la PJ française a la conviction qu’au moins une exécution est imputable, indirectement, aux gabelous de Roissy. Une source policière se refuse à en dire plus, ni le lieu, ni la date, mais assure que les autorités du pays concerné sont sur la même longueur d’onde, et que tout concorde. Mais l’OCRTIS (l’Office Central pour la Répression du Trafic Illicite de Stupéfiants – « l’Office des Stups ») n’en est qu’au début de son travail de recoupements, et il y a du boulot. Selon la procureure de Bobigny - territorialement compétente pour l’aéroport de Roissy -, les douaniers procédaient à ces ponctions bagagières « depuis 15 ou 20 ans. Et plus de 5,5 millions d’euros ont été saisis sur les comptes ouverts par les douaniers en Andorre ». Donc, d’autres liens entre l’argent volé par les douaniers et des exécutions sont possibles.

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