[LE 13-14 EN DIRECT DE MULHOUSE] - Dans le Haut-Rhin, le Groupement Hospitalier Mulhouse Sud Alsace a reçu pour l’instant 1950 doses du vaccin Pfizer, en attendant une première livraison de celui de Moderna. De la pharmacie de l’hôpital à l’injection en Ehpad, nous avons suivi le parcours des précieuses fioles.

Du congélateur à l'EHPAD, le parcours du vaccin
Du congélateur à l'EHPAD, le parcours du vaccin © Radio France / Julie Pietri

Le lieu est tenu secret. Le trajet du vaccin commence  bien ici, à l’hôpital de Mulhouse. Mais où précisément, "vous ne le  saurez pas". Et puis la direction a donné son autorisation pour  pénétrer dans la pharmacie. "Attention, vous rentrez dans une zone  interdite" met tout de même en garde Véronique Fouché-Noizet, directrice référente du pole pharmacie du Groupement hospitalier régional Mulhouse Sud Alsace:

"Les locaux pharmaceutiques sont hyper protégés, surtout en ce moment". 

L’hôpital est l’établissement pivot du département du Haut-Rhin. Celui qui stocke, depuis le 29 décembre, les  doses de vaccin.  

8h30 : Visite du lieu de stockage, tenu secret 

Les congélateurs pour les vaccins Pfizer et Moderna
Les congélateurs pour les vaccins Pfizer et Moderna © Radio France / Julie Pietri

"Vous voyez, ça, c’est le congélateur pour le Pfizer", pointe Olivier Aujoulat, le responsable de la pharmacie, "il a  la taille d’une très grosse machine à laver". Juste à côté, plusieurs congélateurs ont été installés, cette fois pour accueillir le vaccin de Moderna, qui devrait arriver dans les prochains jours. Pour Olivier Aujoulat, c'est un moment fort dans cette ville particulièrement éprouvée par l'épidémie au printemps dernier:

"Bon sang de bois ! On est en janvier, et on vaccine déjà des gens qui ne vont pas mourir. C’est lourd en émotion en Alsace et  surtout à Mulhouse. Tout le monde a perdu quelqu’un, ou connaît quelqu’un qui a perdu quelqu’un. C’est de ça qu’on parle" 

Olivier Aujoulat s’interrompt :  "Ah, le chauffeur est arrivé !".  C’est alors Yvan Meyers,  responsable des transports au groupement hospitalier, qui prend le  relai.  

9h15 : départ discret en camionnette

Dans le coffre de sa camionnette blanche, des seringues, du sérum physiologique et les précieuses fioles de vaccin, maintenues à  baisse température. Ni escorte, ni sécurité. Il est seul... et pas  inquiet pour autant : 

"C’est discret, personne ne sait ce qu’on  transporte. On n’a pas de stress. Et puis les quantités que l’on transporte ne sont pas assez importantes pour que l’on nous attaque !"

Yvan Meyers a plusieurs sites à livrer dans la journée. Première étape, l’hôpital d’Altkirch et son EHPAD, 130 résidents. Il a à peine le temps de couper le moteur qu’un vieux monsieur de 85 ans, Sébastien, l’interpelle : "C’est des vaccins là-dedans parce que moi je voudrais me faire vacciner... Mais je ne fais partie de l’EHPAD. Je suis à la  maison. Je ne sais pas comment faire".    

10h : arrivée à l'Ehpad d'Altkirch: injection dans la foulée

À l’intérieur de l’EHPAD, une fois les doses livrées, pas de temps à perdre. La  vaccination de 18 résidents se fait dans la foulée, presque immédiatement. L’infirmière, Amélie, ne secoue pas la fiole, elle la  berce : "Il ne faut pas l’agiter brutalement, c’est une particularité  de ce vaccin". 

Amelie, infirmière à Altkirch
Amelie, infirmière à Altkirch © Radio France / Julie Pietri

Christiane, 73 ans, est la première vaccinée de la journée  : 

"Plutôt le vaccin que d’être malade... pour avoir après la liberté. Je n’ai pas peur. Il faut avoir du courage". 

À sa suite, Christiane plaisante : "Ça s’est très bien passé, madame la marquise. Si ça peut durer et qu’on puisse rester sur terre encore longtemps, alors ça va".   

18 résidents seront vaccinés
18 résidents seront vaccinés © Radio France / Julie Pietri

Les personnes vaccinées sont ensuite surveillées, durant une quinzaine de minutes, par précaution. "On surveille leur état général. Si elles ne développent pas de troubles respiratoires par exemple. Et on  vérifie la tension également", précise le Docteur Frédérique Girardot-Legouet, responsable du pôle gériatrie:

"Pour l’instant, nous n’avons pas eu de réaction allergique et pas non plus d’effets  secondaires. Globalement, les résidents supportent très bien le vaccin". 

10% d’entre eux ont toutefois refusé d’être vaccinés : "Nous verrons un peu plus tard s’ils changent d’avis ou pas". L’objectif affiché est de réussir à vacciner l’ensemble des résidents d’ici la fin du mois de janvier.  "