"Sauvons nos tombes", une application développée par des généalogistes, permet de répertorier les sépultures du monde entier pour éviter qu'elles ne tombent dans l'oubli. Grâce à elle, Nathalie a retrouvé la trace de son aïeule disparue pendant la Seconde Guerre mondiale.

Image d'illustration
Image d'illustration © Maxppp / Roland Macari

"Pour moi, ç'a été à la fois une immense joie et un gros choc, parce que cela faisait quatre ans que je la cherchais." Nathalie, une habitante des Alpes-Maritimes, a retrouvé la sépulture de sa grand-mère il y a un mois. Son aïeule avait disparu mystérieusement du Creusot, en Saône-et-Loire, en 1943 pendant la Seconde Guerre mondiale. Sept décennies plus tard, sa tombe a finalement été localisée... "Dans un carré militaire du cimetière central de Vienne, en Autriche."

Préserver des tombes qui risquent de disparaître

Pour en arriver là, Nathalie a posté un message sur le site Geneanet. Cette association de passionnés de généalogie, a lancé il y a cinq ans l'opération "Sauvons nos tombes", inspirée d'une pratique répandue depuis longtemps aux États-Unis. L'idée : "préserver la mémoire des défunts", selon le site, et garder une trace des stèles les plus anciennes. 

Car les sépultures ne sont pas éternelles : "Si une tombe n'est pas entretenue, elle est enlevée au bout de quelques années", explique Jérôme Galichon, l'un des membres de Geneanet. "Si elle est en mauvais état, elle finit par disparaître." Et avec elle, toutes les précieuses informations qu'elle contient sur l'identité de celui qui y repose.

Disponible sur smartphone, l'application permet donc "de prendre des photos des tombes anciennes, qui seront ensuite synchronisées sur notre site internet", précise Jérôme Galichon. "Les gens peuvent ainsi relever les noms sur les sépultures et retrouver facilement les tombes de leurs ancêtres.

Les stèles photographiées servent ensuite à ceux qui recherchent un disparu

En France, "Sauvons nos tombes" rassemble environ 20 000 participants réguliers. Au total, plus de 2,5 millions de tombes sont répertoriées en France et dans les pays voisins. Alors il n'est pas rare que les quêtes de certains internautes finissent par aboutir, comme ce fut le cas de Nathalie. 

Après avoir posté un message sur Geneanet indiquant qu'elle était à la recherche de sa grand-mère, "quelqu'un m'a contactée et m'a dit : voilà la tombe, elle est là". À Vienne donc, son ancêtre repose "sous une stèle en granit, avec son nom dessus et une cocarde bleu-blanc-rouge". Une vive émotion pour celle qui aura consacré plusieurs années à cette quête. 

J'ai écrit aux archives de Vienne pour savoir comment elle s'était retrouvée là. Pour moi, c'est une énigme."

L'enquête de Nathalie se poursuit pour savoir ce qui a amené sa grand-mère, peut-être déportée, à finir sa vie en Autriche, à mille kilomètres de sa Bourgogne natale. En attendant, Nathalie va pouvoir remplir le premier de ses objectifs : se recueillir sur la sépulture et l'entretenir, enfin.

Thèmes associés
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.