La question de maintenir ou non les établissements scolaires ouverts devra se poser si le gouvernement décide d'un reconfinement dans les prochaines semaines. Voici les options, suggérées par les experts du conseil scientifique ou les pays étrangers qui sont sur la table de l'exécutif.

En mars, les écoles avaient été complètement fermées.
En mars, les écoles avaient été complètement fermées. © AFP / Hans Lucas / Samuel Hense

C'est la question épineuse : que faire, en cas de reconfinement, avec les écoles ? Les fermer complètement, profiter des vacances pour les prolonger, ou bien ne rien changer ? Pour sa part, l'Organisation mondiale de la Santé recommande de faire le maximum pour éviter les fermetures massives, qu'il faut décider "en dernier recours", soulignant que "plusieurs études ont montré que la réouverture des écoles n'avait pas correspondu à des hausses significatives de transmission dans la communauté ou à des pics d'infection" même si des mesures doivent être prise en cas d'augmentation des infections et que l'arrivée des variants change la donne. 

Option 1 : fermer tous les établissements scolaires, comme le font certains pays

En Europe, une partie des pays ont pris la décision délicate de fermer les établissements scolaires, comme le note l'Unesco. Le Royaume-Uni, l'Irlande du Nord mais aussi l'Allemagne, l'Autriche ou les Pays-Bas. Quand l'Italie, la Suède ou la Grèce ouvrent partiellement leurs établissements et la Suisse, la Belgique ou l'Espagne totalement. 

En France, la fermeture complète a été appliquée pendant le premier confinement mais pas pendant le second. Plusieurs pistes sont donc évoquées, face à l'évolution de la situation sanitaire. Mais pas de certitudes, pour l'instant, à l'exception d'une chose : tout le monde s'accorde à dire que, si fermeture il y a, plus tard elle interviendra mieux ce sera. "Les écoles, c'est ce qu'il faut fermer en dernier", a d'ailleurs recommandé lundi Dominique Le Guludec, présidente du collège de la Haute autorité de santé.  

Option 2 : allonger les vacances de février, comme le suggère Delfraissy

Si un confinement strict n'est pas décidé dans l'immédiat, le professeur Jean-François Delfraissy, président du Conseil scientifique juge "que les vacances scolaires peuvent être vues comme une opportunité puisqu'elles s'accompagnent d'une fermeture des écoles". "On peut imaginer de fondre toutes les zones en une seule, de décider de fermer les écoles trois semaines au lieu de deux, et de confiner sur cette période", explique-t-il dans Libération, tout en prévenant qu'il s'agit d'une "décision politique".

Option 3 : fermer les collèges et lycées mais laisser les écoles ouvertes

Selon le professeur Arnaud Fontanet, épidémiologiste et membre du Conseil scientifique "l'école joue un rôle d'amplificateur". "Un enfant scolarisé augmente votre risque d'être infecté si cet enfant est au lycée et au collège, mais pas si cet enfant est au primaire", a-t-il précisé, interrogé vendredi sur France Inter, se fondant sur une étude menée avec la Caisse nationale d'assurance maladie (Cnam). Mais "s'il fallait faire un choix différencié sur les écoles, connaissant en plus les conséquences dévastatrices de l'arrêt du primaire pour des enfants, c'est peut-être chez les collégiens et les lycéens, chez qui l'enseignement peut se faire en partie à distance, qu'on pourrait proposer en premier d'arrêter l'école", estime Arnaud Fontanet.   

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Mais le professeur nuance : à la question de savoir si, sans fermer la totalité des établissements scolaires, il est vraiment possible de lutter contre les variants, l'épidémiologiste répond que "malheureusement, avec le variant anglais qui est arrivé en Irlande très récemment, on s'est rendu compte que tant qu'ils ont gardé les écoles ouvertes, ils n'ont pas contrôlé. Quand ils ont fermé les écoles, ils l'ont contrôlé. Une fois de plus, ce variant est plus transmissible."

Option 4 : laisser tous les établissements ouverts, comme le préconise Blanquer

Côté gouvernement, la position est pour l'instant assez claire : "La précaution maximale n’est pas forcément la meilleure solution", a dit Jean-Michel Blanquer, invité de LCI lundi soir. En effet, le ministre de l'Éducation nationale plaide pour une ouverture des établissements, quelle que soit la décision de confiner ou non. "Être privé d'école, c'est très grave sur le plan éducatif", souligne-t-il. 

Pour le ministre, une fermeture au cas par cas des établissements est à ce jour la solution la plus pertinente. Lundi, il y avait 64 structures fermées. Mais Jean-Michel Blanquer n'a pas fermé la porte à un allongement des vacances d'hiver, affirmant étudier "toutes les pistes" sans pour autant qu'elles soient suivies. "Une telle formule ferait perdre des jours de classe aux enfants. Ce n’est pas quelque chose que je préconise à ce stade."

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