Depuis 2007, Edouard Chaulet, maire communiste et écolo de Barjac, fait manger "bio" dans les cantines de son village : pourquoi ? Ça change quoi, pour les enfants ? C'est cher ?

Edouard Chaulet, maire du village de Barjac dans le Gard, a fait en sorte que les cantines servent des repas bio
Edouard Chaulet, maire du village de Barjac dans le Gard, a fait en sorte que les cantines servent des repas bio © Getty / Kelly Sillaste

Chaque jour, ce sont 200 à 250 repas bio qui sont cuisinés pour la communauté à Barjac, sur l'impulsion du maire du village, Edouard Chaulet. Denis Cheissoux est allé à sa rencontre pour en savoir plus, le temps d'une balade dans ce petit village de 1613 âmes au nord de Nîmes.

Les repas biologiques sont servis dans les cantines des deux écoles (privée et publique) mais aussi chez les personnes âgées du village. Une commune voisine, Orgnac l'Aven, en bénéficie aussi.

Côté finances, chaque repas coûte 2,5 euros. C'est plus cher que dans la plupart des cantines, mais c'est aussi meilleur : "Evidemment si on passe d'un repas de m***e à un repas bio, ça va faire une grosse différence" s'emporte Edouard Chaulet, "mais si on passe d'un bon repas avec des bons produits classiques à du repas bio, c'est pas plus cher".

Une éducation au goût dès l'enfance

Le maire de Barjac a souhaité ce passage au bio pour les enfants par conviction écologique : "pour la santé évidement - on sait aujourd'hui évidemment les conséquences des pesticides dans les aliments, des conséquences aussi pour l'agriculture, pour les sols, pour l'environnement, de produits qui sont cultivés sans respect"... Mais aussi par plaisir de vivre, aussi : "C'est vrai aussi qu'un fruit que l'on mange avec la peau, a de la saveur. Le bonheur des papilles chez les enfants ça compte autant que pour nous adulte !"

Une fois que cette papille là est étalonnée, [l'enfant] va garder ce référentiel pour toute la vie

Pour lui, cette éducation du goût des enfants relève de la responsabilité des maires : " la papille ne guérira jamais des bonnes impressions qu'on lui aura données dès l'âge de deux ans [...] Ce sont les maires qui vont décider si l'enfant sera un adepte de la "néfaste-food" ou de la gastronomie".

Le petit village de Barjac dans le Gard
Le petit village de Barjac dans le Gard © AFP / Fabien Boutet / Photononstop

Utiliser les repas de façon pédagogique

Le moment du repas peut aussi être l'occasion d'un apprentissage pour les enfants : leur apprendre le respect de l'aliment, comment éviter les gaspillages, avoir l'origine des aliments... Chaque jour, les cuisiniers présentent les menus, expliquent comment il a été fait, le travail que cela représente (pour le cuisinier et, aussi, pour le paysan).

Afin de mieux comprendre l'environnement et le travail du paysan, les enfants ont, dans l'école maternelle, des jardinets dans lesquels ils font des plantations - jardinets qui sont arrosés par les eaux de pluies recueillies dans des citernes à côté de l'école, grâce à des pompes dont les batteries sont alimentées par un panneau photovoltaïque, évidemment.

Edouard Chaulet :

On tient à ce que les enfants mettent la main dans l'humus, en connaissent l'odeur et sachent qu'il faut de la patience pour faire pousser quelque chose.

Le maire a fait venir la nature nourricière dans la ville : les employés municipaux font du maraîchage. Il y a des oliviers, mais aussi des arbres fruitiers comme des abricotiers ou des cerisiers dans les rues...

Ecoutez ce maire atypique, pour en savoir plus, par exemple :

  • pourquoi faudrait-il déclarer le métier de "paysan" d'utilité publique,
  • d'où vient sa conviction que "nourrir, c'est aimer",
  • en quoi son passé d'instituteur l'influence dans son métier de maire,
  • pourquoi, et comment, les paysans pourraient multiplier les marges,
  • et bien d'autres choses !...

► RENDEZ-VOUS chaque samedi, Denis Cheissoux vous emmène dans CO2 mon amour à la rencontre de ceux qui nous rapprochent de la nature...

Edouard Chaulet, maire de Barjac, et Denis Cheissoux
Edouard Chaulet, maire de Barjac, et Denis Cheissoux © Radio France / Denis Cheissoux
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