Les femmes demeurent toujours moins payées que les hommes en Europe. La journée européenne de l'égalité salariale a lieu ce samedi, trois jours à peine avant le mouvement appelant les femmes à symboliquement cesser le travail, pour protester contre leur salaire 15 % inférieur à celui de leurs collègues masculins.

En 2016, les femmes avaient été appelée à manifester le 7 novembre à 16h34 pour protester contre les inégalités salariales. En 2018, c'est un jour plus tôt.
En 2016, les femmes avaient été appelée à manifester le 7 novembre à 16h34 pour protester contre les inégalités salariales. En 2018, c'est un jour plus tôt. © Maxppp / Julio PELAEZ

Les femmes européennes gagnent, en moyenne, 16 % de moins que les hommes, selon Eurostat qui publie une analyse des écarts de salaire entre les hommes et les femmes dans la zone UE en 2016.

L'étude souligne que la tendance existe dans tous les pays de la zone euro, mais que l'écart varie fortement d'un pays à l'autre.

En France, les femmes ont un salaire inférieur de 15 % à celui des hommes. Un écart assez proche de la moyenne européenne, qui stagne, puisqu'aucune progression n'est vraiment notable en la matière.

Françoise Milewski, qui suit de près ces écarts de rémunération pour l'OFCE, a constaté très peu d'amélioration depuis dix ans : "On bute sur le fait qu'un homme et une femme rentrés à même niveau de qualification n'auront pas le même déroulement de carrière, donc au bout du compte, ils n'auront pas le même salaire."

Une situation qui pourrait peut-être changer, petit à petit. De plus en plus d'accords d'entreprises tiennent en compte de ces disparités et des dispositifs se mettent en place pour réduire l'écart. Du côté de l'État, des sanctions possibles à l'avenir sont évoquées par le gouvernement, pour pénaliser les sociétés où les écarts seraient flagrants.

Les écarts se creusent avec les congés maternité

La ministre du Travail Muriel Pénicaud a notamment proposé de mesurer, société par société, les différences de rémunération à niveau de qualification égal et d'imposer aux entreprises de plus de 50 salariés de rectifier les écarts sous trois ans.

Une évolution des mentalités qui se traduit aussi par la mobilisation autour de l'égalité des salaires. Depuis trois ans, les femmes sont invitées à cesser symboliquement de travailler pour montrer cette différence de traitement. 

La fondatrice de la newsletter féministe les Glorieuses, Rebecca Amsellem, a lancé le hashtag #6novembre15h35 sur Twitter, heure et date qui correspondent au moment où le salaire des hommes dépasse, en cumulé, celui des femmes sur une année complète. Elle plaide pour l'allongement du congé paternité, à égalité avec le congé maternité, afin d'équilibrer les interruptions de carrières pour les parents des deux sexes, car les écarts se creusent au moment de la naissance du premier enfant, relève-t-elle. 

La militante appelle aussi à une transparence obligatoire des salaires dans l'entreprise, s'appuyant sur les exemples des pays qui ont mis en place cette pratique et au sein desquels les inégalités s'amenuisent.

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