Bio, Label Rouge, Viande de France, Appellation d’origine contrôlée… Vous souhaitez mieux consommer, mais faisant vos courses, vous vous sentez perdus ? Dans son hors-série consacré au bien-être animal, le magazine “60 millions de consommateurs” se penche sur la question.

Derrière les labels, dans quelles conditions vivent les animaux qui finissent dans nos assiettes ?
Derrière les labels, dans quelles conditions vivent les animaux qui finissent dans nos assiettes ? © Maxppp / Jean-Luc Flémal

Agriculture bio : le bon élève

Il s’agit du label le plus satisfaisant en terme de conditions de vie des animaux, selon “60 millions de consommateurs”. En bio, il n’y a pas d’élevage hors-sol. Toutes les bêtes disposent d’un accès, partiel ou complet, au plein air. 

  • Vaches : les vaches laitières ont un accès permanent à un pâturage, elles ne sont pas plus de deux par hectare. En étable, elles disposent d’au moins 6 m².
    Côté boucherie, les bœufs et vaches à viande disposent obligatoirement d’une litière végétale et d’un éclairage naturel, lorsqu’elles sont en intérieur. A l’engraissement, selon leur poids, elles doivent avoir entre 1,5 et 5 m² minimum.
    Les veaux sont nourris au lait maternel pendant au moins trois mois. 
  • Poulets : le bio utilise des races rustiques, contrairement aux volailles des filières intensives qui grandissent beaucoup plus vite, et sont plus charnues. Il ne doit pas y avoir plus de dix poulets par mètre carré, contre 20 à 25 en élevage conventionnel.
  • Porcs : les truies en gestation sont élevées en groupe (et non pas en cages individuelles, comme c’est le cas pour l’élevage conventionnel. Tous les porcs doivent vivre sur une litière, alors que l’élevage conventionnel se fait sur béton ou sur plastique. 

Le cahier des charges de l’élevage bio est disponible sur le site de l’INAO (institut national de l’origine et de la qualité).

Label Rouge : peut mieux faire… 

Les garanties sont “très inégales”, estime “60 millions de consommateurs”. Si le Label Rouge représente souvent la promesse d’une viande de bonne qualité, il n’induit pas forcément la notion de bien-être dans l’élevage des animaux. 

  • Bovins : le bétail doit pouvoir alterner entre pâture et stabulation intérieure, avec un nombre limité de bêtes par hectare. La litière paillée est obligatoire. Les mâles ne doivent pas être abattus avant leurs 30 mois et 28 mois pour les femelles. 
  • Poulets : comme en bio, les races utilisées sont rustiques. Vous pouvez trouver une indication “poulet fermier plein air” : cela signifie que les volailles disposent de deux mètres carrés minimum chacune. La mention “poulet fermier en liberté” signifie que les poulets n’ont pas d’espace restreint : ils évoluent sans clôture. 
  • Porcs : le Label Rouge porcin “a un grand besoin de clarification”, selon le magazine, qui déplore : “Tout est à vérifier au cas par cas.” Contrairement au poulet, le cahier des charges n’impose pas que le porc soit élevé en plein air, même partiel. Les élevages sont autorisés à élever sur béton ou sur plastique, sans litière. La castration est obligatoire, et l’ablation de la queue est autorisée.  “60 millions de consommateurs” conseille de se fier à des mentions plus spécifiques.  “Porc fermier élevé en plein air Label Rouge” signifie que l’animal dispose d’au moins 83 m² ; “en liberté”, au moins 250 m².

Le cahier des charges des différentes filières Label Rouge est disponible sur le site de l’INAO. 

IGP, AOC, Viande de France : le bas du tableau 

Les mauvais élèves ! Ces labels, s'ils respectent la réglementation en vigueur, ne sont pas attribués selon les conditions d'élevage. Ils ne garantissent que l'origine géographique des viandes - et encore.

  • IGP : l'indication géographique protégée indique simplement qu'"une étape au moins parmi la production, la transformation ou l’élaboration d'un produit doit avoir lieu dans cette aire géographique délimitée", selon la définition de l'INAO.
  • AOC : l'appellation d'origine contrôlée "désigne un produit dont toutes les étapes de production sont réalisées selon un savoir-faire reconnu dans une même aire géographique, qui donne ses caractéristiques au produit.
  • Viande de France : cette mention, tout comme la VBF (viande bovine française) ou LPF (le porc français) "n'apportent aucune valeur ajoutée en terme de bien-être animal", déplore le magazine. Le site du ministère de l'Agriculture, lui, indique ceci : 

Le logo Viandes de France assure au consommateur que la viande est issue d’animaux nés, élevés, abattus, découpés et transformés en France. Il garantit également un mode de production respectueux de l’environnement, du bien-être animal et d’animaux nourris grâce à une alimentation saine et durable.

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