Durant quinze ans, sur les ondes de RTL, Ménie Grégoire a recueilli et libéré la parole des femmes sur leur vie de mère, d'épouse et d'amante. Elle est décédée dans la nuit de vendredi à samedi à 95 ans.

Ménie Grégoire en 2007
Ménie Grégoire en 2007 © MaxPPP/Ouest France/Daniel Fouray

Dans les années 60 et 70 son émission a été un véritable phénomène de société. Lorsque Jean Farran, directeur de RTL recrute comme animatrice cette diplômée d'études supérieures de lettres, et de l'Institut d'art et d'archéologie de Paris, ayant collaboré au Monde, à la revue Esprit, à plusieurs titres de la presse catholique et au magazine Elle, Ménie Grégoire, passionnée par la condition de la femme moderne, vient de publier "Le Métier de femme" (1964), un ouvrage militant pour l'égalité dans le couple et la contraception. Elle accepte le défi, avec l'idée d'aider les femmes, par le conseil, l'écoute et la parole.

De 1967 à 1981, tous les après-midi durant une demi-heure, accompagnée d'un médecin, elle a aidé à parler et a conseillé des auditeurs, et principalement des femmes, sur leurs problèmes de couple, la contraception et, plus globalement, la sexualité, un sujet encore largement tabou et sur lequel les femmes manquaient alors cruellement d'information.

Ecoutez cet extrait de ses émission

Violence conjugale, enfants adultérins, alcoolisme, avortement, frigidité... "On m'a tout dit. Tout est là.

se félicitait Ménie Grégoire il y a encore quelques années sur RTL.

Elle avait publié en mai 2007 des lettres sélectionnées parmi les 100.000 qu'elle avait reçues à RTL, sous le titre "Comme une lame de fond, 1967-1981" (Calmann-Lévy). Ces 100.000 lettres, à 90% émanant de femmes, elle les a léguées aux archives d'Indre-et-Loire, là où elle habitait une bonne partie de l'année.

Pour Marc de Ferrière, enseignant de l'Université de Tours qui veut y consacrer une thèse :

Ménie Grégoire "a fait plus que marquer l'histoire de la radio, elle a marqué l'histoire de la société (...) C'est quelqu'un qui a ouvert un espace d'expression à un moment où la société n'était pas nécessairement prête à l'avoir.

Les explications d'Anthony Raimbault

Ménie Grégoire s'était également engagée pour l'association "Droit de mourir dans la dignité".

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