Un arrêté en vigueur depuis ce samedi restreint l'accès au sommet du Mont-Blanc par l'Aiguille du Goûter, un passage surfréquenté. Avec la saison estivale, les randonneurs alpins sont plus nombreux, ce qui entraîne des risques accrus de sécurité.

Mercredi dernier, par exemple, 140 alpinistes se sont présentés pour passer la nuit au refuge du Goûter (photo), qui ne peut accueillir que 120 personnes.
Mercredi dernier, par exemple, 140 alpinistes se sont présentés pour passer la nuit au refuge du Goûter (photo), qui ne peut accueillir que 120 personnes. © AFP / JEAN-PIERRE CLATOT

Il va falloir prendre l'habitude de réserver son Goûter. Le préfet de Haute-Savoie a pris vendredi un arrêté restreignant pour huit jours, à partir de ce samedi 14 juillet, l'accès au sommet du Mont-Blanc par l'itinéraire classique de l'Aiguille du Goûter, en raison de sa surfréquentation. Cet arrêté résulte "du dépassement récurrent et significatif de la capacité d'accueil du refuge du Goûter" et "des risques graves d'atteinte à l'ordre public", en termes de sécurité, de salubrité et de tranquillité, "induits par cette surfréquentation", explique la préfecture dans un communiqué. 

Mortalité accrue

"L'accès au sommet du Mont-Blanc via cet itinéraire, au-delà du Glacier de Tête-Rousse, n'est autorisé qu'aux seules personnes justifiant d'une réservation au refuge du Goûter, pour s'assurer qu'ils disposent bien d'une solution d'hébergement nocturne dûment identifiée sur l'itinéraire", ajoute-t-elle. "L'application de cet arrêté ne fait pas obstacle à l'accueil au refuge du Goûter de personnes se présentant sans réservation dans un état de détresse, justifiant un accueil au titre du principe de solidarité en montagne", précise-t-elle.

L'été dernier, 14 personnes sont mortes (contre 9 en 2016) et deux sont portées disparues sur les voies d'accès au Mont-Blanc. Face à cette succession de décès, souvent liés à des imprudences ou une inexpérience de la haute montagne, le maire de Saint-Gervais Jean-Marc Peillex avait pris un arrêté municipal en août 2017, obligeant tout alpiniste empruntant cet itinéraire, dit "voie royale", par le Goûter, à être suffisamment équipé - la liste du matériel obligatoire était fournie en annexe. L'édile souhaitait ainsi "taper sur les doigts" des "têtes brûlées" face au "refus d'entendre les messages de prévention".

Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.