Montres connectées, assistants à domicile tels que Google Home, balances connectées, c'est Noël, et il se peut que vous trouviez sous le sapin l'un de ses objets dits intelligents. Ils signent le passage de la data à l'ère industrielle, non sans questions éthiques.

Les voitures seront de plus en plus connectées grâce à des interfaces vocales. Le constructeur Ford montre autant ses modèles dans les salons automobiles en Chine qu'au Consumer Electronics Show à Las vegas
Les voitures seront de plus en plus connectées grâce à des interfaces vocales. Le constructeur Ford montre autant ses modèles dans les salons automobiles en Chine qu'au Consumer Electronics Show à Las vegas © AFP / Gan jun / Imaginechina

Pour sûr les discussions familiales risquent d'osciller entre les traditionnelles joutes politiques et les inquiétudes sur l'intrusion de ces objets dans nos vies. Pour ces mini robots qui assistent les humains dans leurs tâches, on parle désormais de cobotique. 

Dentsu Consulting (Dentsu Aegis Network) a édité récemment un ouvrage collaboratif sur l’internet des objets et la vie connectée. Pour ce faire, il s’est associé avec l’Acsel, association des professionnels du secteur. Les concepteurs et diffuseurs de ces objets essaient de prédire l'avenir de leur développement économique.  

Leur étude formule 3 hypothèses, dont une est celle de l'échec des objets connectés. 

Questions à Benoit Régent, directeur général du département prospective de Dentsu Consulting

L’hypothèse du flop de l’IO est-elle vraiment raisonnable ?

Benoit Régent : Oui, car il y a beaucoup de paradoxe en France. On met en avant notre capacité d’inventivité, mais en même temps, les Français sont ceux qui sont les plus inquiets sur la protection des données personnelles.  Or comme les objets connectés fonctionnement beaucoup  autour de cela, on est en train de prendre du retard en terme d’usage.

Le terme d’objets est un peu impropre, ça va bien au-delà. C’est pour cela que l’on appelait notre rapport l’Observatoire de la Vie connectée. Car c’est devenu une réalité pour tous les aspects de notre vie et du business. 

L’option du flop vient du fait que pas mal de médias nous disent ça ne fonctionne pas, ça ne décolle pas en terme de marché.  

Je crois que c'est normal car on est dans une phase de rationalisation, après une explosion il y a 3 ou 4 ans ; il y a eu depuis pas mal de start up inventives qui ont mit la clé sous la porte. Aujourd’hui on est passé à une réalité industrielle et non une réalité de petits gadgets portables. 

Google home séduira-t-il les Français ?

Benoit Régent :  Pour l'instant il n'y a pas de données de ventes sur la France. Mais sur les autres pays, en Allemagne, et aux USA, les assistants ont eu une croissance fulgurante au démarrage. Je note que les gens qui sont réticents au début, finissent par les adopter. 

Cela préfigure une autre vision de l’internet du futur, sans écran. La voix est la nouvelle interface. Cette logique pénètre tous les objets, la voiture en tête. Ford investit dans la technologie vocale, il va au Consumer Electronic Show de Las Vegas, plutôt qu’au salon de l’auto. Donc la connexion à internet ce sera tout le temps à travers la voix.

Aux Etats-Unis, 10% des gens seraient prêts à se faire tatouer des technologies dans leurs corps. A mon avis, en France, même les millenials ne sont pas prêts à cela.  Certains futurologues nous prédisent des allongements très significatifs de la durée de vie grâce aux nanotechnologies.  On peut déjà avaler des objets connectés ou les faire poser sur la peau. 

Quand on aura montrer le bénéfice de santé pour les gens, il ne restera plus qu’à faire un choix éthique par rapport à cela. 

Le Règlement européen sur la protection des données servira-t-il à quelque chose ? 

Benoit Régent :  C’est normal que les Etats essaient de protéger les citoyens mais il est illusoire de vouloir aller contre cette marche de la collecte d’information. Les industriels sont dans une logique de faciliter la vie des gens, de leur proposer moins de pub et d’être plus proches de leurs centres d'intérêt.  Ils n'ont même plus besoin de cookies pour connaître l'activité numérique des gens,  ça ne sert donc à rien d'imposer des règles pour cela.   

Il faudrait mieux apprendre aux utilisateurs à partager et monnayer leurs données. 

Les jeunes commencent à le comprendre, à voir qu’ils peuvent avoir une relation donnant donnant avec les marques. Ils peuvent en tirer bénéfice. Certains experts estiment que bientôt des entreprises nous accompagneront en tant qu’individu pour aller vendre certaines de nos données à des marques. Les gens seront bientôt capables dire combien ils vendront leur data. 

2018 l'ère de la cobotique ? 

Benoit Régent :  Nous ne croyons pas à la machine qui remplacera l’homme, on pense plutôt à intelligence étendue,  pour que l’homme passe plus de temps avec l’homme. On va voir que le CES 2018 mettra l’accent sur intelligence augmentée et étendue. Il ne faut pas avoir peur de l’ultra digitalisation du monde, car les machines ne nous ne remplacerons que dans les films de science-fiction. 

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