Selon la direction de la recherche, des études, de l'évaluation et des statistiques, le nombre d'IVG pratiquées en France a atteint son plus haut niveau en 2019 depuis 30 ans, avec 232 200 interruptions volontaires de grossesse. Fait marquant : les femmes aux revenus les plus faibles ont plus souvent recours à l'IVG.

Une manifestation en faveur du droit à l'IVG, le 28 septembre 2019
Une manifestation en faveur du droit à l'IVG, le 28 septembre 2019 © AFP / Estelle Ruiz / NurPhoto

C'est un chiffre qui n'avait plus été atteint depuis le début des années 1990 : en 2019, la France a enregistré 232 000 interruptions volontaires de grossesse (IVG), selon un rapport publié ce jeudi par la Direction de la recherche, des études, de l'évaluation et des statistiques (Drees). Selon ce rapport, si ce sont toujours les femmes de 20 à 29 ans qui sont les plus concernées par l'IVG, la progression la plus marquée s'observe chez les 30-34 ans, avec une hausse de 3,9 points entre 2010 et 2019 : "Les femmes ne se sentent pas légitimes pour être enceintes avant au moins 30 ans puisque l'âge de la première maternité est autour de 30, 31 ans, explique Sophie Eyraud, gynécoloque responsable d'un centre de coordination sur l'IVG. 

"C'est une norme sociale qui émerge et qui est de plus en plus prégnante. C'est vrai que les jeunes que l'on rencontre en consultation ont de moins en moins envie d'avoir des enfants tôt, c'est souvent une demande des hommes plus que des femmes actuellement dans le tête-à-tête de consultation", ajoute-t-elle.  Inversement, chez les plus jeunes, les 15-17 ans, le recours à l'IVG est en recul : en 2010, il y avait 10,5 IVG pour 1000 jeunes filles ; il n'y en a plus que 5,7 pour 1000 en 2019.

Les femmes au niveau de vie le plus faible ont plus recours à l'IVG

L'autre variation notable se fait d'une région à l'autre : la région où le taux est le plus faible est les Pays de la Loire (11,8 IVG pour 1000 femmes), alors qu'il est trois fois plus élevé, plus de 39 pour 1 000, en Guadeloupe et en Guyane. Toutefois, "en Métropole, les pyramides des âges sont trop semblables d'une région à l'autre pour justifier les disparités observées qui s'expliquent par des différences de comportement", explique la Drees. 

Par ailleurs, l'étude a pu faire, pour la première fois, un lien entre le recours à l'IVG et la situation sociale, grâce à des données croisées : ainsi, les 10% de femmes au niveau de vie le plus faible ont un taux d'IVG pour 1000 femmes supérieur de 11 points à celui des 10% de femmes au niveau de vie le plus élevé

En d'autres termes, à situation conjugale et groupe d'âge égaux, une femme, si elle fait partie des 10% les plus démunis de la population, a 40% de chances de plus de recourir à un avortement dans l'année qu'une femme au niveau de vie médian. 

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