Une étude du ministère de l'Éducation nationale montre que les élèves sont moins bons qu'il y a cinq ou douze ans : la proportion d'élèves les plus faibles a augmenté et celle des plus forts a diminué.

La proportion d'élèves les plus faibles en mathématiques a augmenté et celle des plus forts a diminué, indique cette étude du ministère de l'Éducation nationale.
La proportion d'élèves les plus faibles en mathématiques a augmenté et celle des plus forts a diminué, indique cette étude du ministère de l'Éducation nationale. © AFP / Hans Lucas / Olivier Marchesi

Le constat est assez simple : les élèves de CM2, la fin du cycle primaire, sont moins bons en mathématiques depuis cinq ans, alors que leur niveau était resté stable entre 2008 et 2014, précédente période d'observation. Au total, plus d'un élève sur deux a des acquis fragiles en la matière ; ils étaient quatre sur dix en 2014. La proportion d'élèves les plus faibles en mathématiques a augmenté et celle des plus forts a diminué.

L'étude, menée par la Direction de l'évaluation, de la prospective et de la performance du ministère, indique que ce repli concerne aussi bien les élèves retardés dans leurs apprentissages que les autres. Il est comparable entre les filles et les garçons, même si les garçons restent plus performants. 

Compétences fragiles

Quand on leur demande quel est le tiers de 66, en 2014, 56 % des élèves de CM2 avaient la bonne réponse. En 2019, ils ne sont plus que 47 % : c'est presque 10 points de moins. Dans le cas d'une résolution de problème (au supermarché, Mme Martin donne trois billets de 50 et la caissière lui rend trois euros, combien devait elle régler ?), en 2014, 70 % des élèves trouvaient le bon résultat. En 2019, ils sont 53 % seulement. La baisse est là de 17 points.

Autre observation significative : plus d’un quart des élèves ont des connaissances et des compétences dans tous les champs en mathématiques qui leur permettent de réussir des items essentiellement posés sous forme de QCM, mais ils échouent lorsqu’il s’agit de produire une réponse en autonomie

Les enfants des milieux les moins favorisés sont les plus concernés

Les différences de niveaux restent très marquées par l’origine sociale des élèves, note le rapport. Le score moyen progressant à mesure que le niveau social augmente : de 207 points pour les élèves des écoles du premier quartile à 257 points pour les élèves des écoles du dernier quartile.

La baisse de niveau n'est pas significative dans les écoles les plus favorisées. En revanche, dans les trois premiers quartiles la baisse est importante : respectivement moins 22, moins 16 et moins 21 points. 

Comme le montre ce graphique, en 2019, les élèves du premier quartile (écoles les plus défavorisées selon l’indice de position sociale) ont un score de 207 contre 229 en 2014. Mais les évolutions les plus significatives sont celles des deuxième (226 contre 242 il y a cinq ans) et troisième quartiles (237 contre 258). Le rapport observe par ailleurs que la baisse de score constatée entre 2014 et 2019 n’affecte pas les élèves des écoles du secteur privé.

Attrait de moins en moins fort pour les maths

Enfin, l'étude, menée sur 6 000 élèves de 200 écoles depuis 2014, montre que le rapport des élèves aux mathématiques se dégrade. Les élèves sont moins nombreux à déclarer faire des mathématiques par plaisir (67,1 % en 2019 contre 75,8 % en 2014). Ils s’intéressent moins aux apprentissages en mathématiques (85,8 % contre 92,4 %) et sont moins nombreux à attendre les séances avec impatience (54,7 % contre 77 %). 

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