C’est comme si dans les cols du Tour de France, plus personne n’attaquait jamais. Le suiveur commencerait une déprime, et regretterait honteusement le temps où le dopage musclait la guibole.

Et que se passe-t-il place Beauvau depuis le 16 mai ? Plus de ministre dopé à la com’ et drivé par un directeur de course scrutant les temps de passage aux 20h depuis l’Elysée. Fini.

Ça ne vous a pas semblé bizarre, à vous, qu’après les assassinats du Maréchal des Logis Audrey Berthaut et de l’adjudant Alicia Champlon, à Collobrières en début de semaine, Manuel Valls ne fasse aucune sortie pétaradante contre les juges laxistes et accros à la culture de l’excuse du délinquant ? En petit comité cette semaine, le ministre a confié que ce n’était « pas son rôle d’attiser les tensions avec la justice », et que si « une erreur avait bien été commise ces dernières années, c’était bien celle-là : l’affrontement public entre police et justice qui sape l’autorité ». Ça ne vous a pas laissé sur votre faim que le ministre de l’Intérieur n’annonce pas une nouvelle loi, menton en avant ? Moi, si, je n’étais plus habitué.

Mais le pire, c’est que c’est un récidiviste, Manuel Valls. Pas plus tard qu’il y a 10 jours, après la collision entre une voiture de la Bac et deux jeunes adultes à scooter, à Villiers-le-Bel, qu’a fait cet irresponsable ? Il est allé voir, à l’hôpital, celui qui était sérieusement blessé, puis le lendemain rencontrer ses flics de la Bac. Histoire de jeter de l’huile sur le feu, on lui a bien demandé, à Manuel Valls, pourquoi il avait vu le blessé d’abord : « parce que » a t-il expliqué récemment, « le samedi soir, les policiers étaient entendus par l’Inspection. Je ne voulais pas d’interventionnisme ».

Je ne voudrais pas l’accabler, Manuel Valls, mais quand même : quand il se déplace dans un commissariat, ou une gendarmerie, ou un service, il n’avertit même pas la presse. Ou alors, il la laisse à l’entrée de la brigade, et s’entretient en privé - sans caméra, sans micro, je sais, c’est honteux - avec pandores et flics.

Donc le suiveur s’arrange avec sa gêne du manque de com’ formatée, de lois-réflexes, de décrets annoncés jamais parus, de poses martiales. Après l’overdose, la cure de désintox.

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