Les hôpitaux parisiens ont signalé, comme outre-Manche, une hausse du nombre d'hospitalisation d'enfants dans un état grave, affectés par des symptômes digestifs, respiratoires ou infectieux et une atteinte cardiaque. La question d'un lien avec le Covid-19 n'est pas tranchée.

Spécialisé en pédiatrie, l'hôpital Necker-enfants malades à Paris.
Spécialisé en pédiatrie, l'hôpital Necker-enfants malades à Paris. © Maxppp / PhotoPQR / Olivier Boitet

Comment le coronavirus touche-t-il les enfants ? Jusqu'à présent, les médecins ont constaté très peu de cas de Covid-19 chez les plus jeunes et aussi expliqué que les enfants n'étaient finalement pas d'importants vecteurs de la maladie, comme on avait pu le croire un temps. Néanmoins, les autorités sanitaires tentent de savoir s'il existe un lien entre une récente alerte autour d'enfants hospitalisés ces derniers jours dans un état grave et la pandémie de coronavirus

"Il y a une recrudescence des hospitalisations pour une maladie inflammatoire généralisée avec une atteinte cardiaque chez l'enfant depuis 15 jours à trois semaines", confirme le professeur Damien Bonnet, chef du service de cardiologie pour enfants à l'hôpital Necker-Enfants malades de Paris, où sont encore hospitalisés une dizaine d'enfants.

Ce phénomène a été observé en premier lieu au Royaume-Uni, puis à Paris mais aussi dans d'autres régions de France ainsi que dans plusieurs autres pays européens, indique le spécialiste. "Le nombre d'enfants hospitalisés dans les structures de réanimation pédiatrique reste limité, mais franchement excessif par rapport à l'habitude."

Est-ce la maladie de Kawasaki ? 

Les cas concernent des enfants de 2 à 17 ans. "Ils viennent avec des symptômes digestifs, respiratoires ou infectieux et chez qui on retrouve un syndrome inflammatoire biologique très important et une atteinte cardiaque qui touche les ventricules qui se contractent moins bien et parfois avec une inflammation des artères coronaires", précise Damien Bonnet. 

Ces signes d'inflammation et d'atteinte cardiaque "ont pu faire penser dans un certain nombre de cas" qu'il s'agissait de maladie de Kawasaki, un syndrome inflammatoire qui affecte les artères et le coeur. Mais il y a des différences avec cette maladie "qui est bien connue", explique le spécialiste "puisque des enfants de tous âges sont touchés et qu'il n'y a pas l'ensemble des symptômes, en particulier les symptômes éruptif cutanés, des ganglions et des atteintes de la bouche", poursuit-il. 

Quel lien avec le Covid-19 ?

Le lien avec l'infection par le Covid-19 "n'est pas fait de façon complète". Un certain nombre d'enfants ont été testés positifs, d'autres non, précise le professeur Damien Bonnet. 

"La temporalité de ce problème émergeant est également contradictoire. Certes, il survient à l'occasion de l'épidémie de coronavirus, mais de façon différée par rapport à l'épidémie dans la population générale", indique-t-il.  

Alerte prise "très au sérieux" en France

Mercredi matin, Olivier Véran a dit surveiller ces cas et prendre la situation "très au sérieux". Le ministre de la Santé a reçu une alerte "de la part d'équipes parisiennes", lui indiquant les symptômes de ces enfants. Mais "à ma connaissance, aucun, heureusement, n'est mort de ces complications qui sont des malades assez rares", a-t-il expliqué sur franceinfo

"Je mobilise la communauté soignante, la communauté scientifique en France et à l'international pour avoir le maximum de données possible, pour voir s'il y a lieu de faire un lien entre le coronavirus et cette forme qui, jusqu'ici n'avait pas été observée nulle part. Donc beaucoup de vigilance et une certaine inquiétude", a-t-il poursuivi.

Pas d'impact, pour l'instant, sur la réouverture des écoles 

À l'heure où les écoles doivent rouvrir partiellement à partir du 11 mai, et interrogé sur le fait de savoir si ces symptômes pouvaient repousser cette date de réouverture, Olivier Véran estime qu'il n'a "absolument pas d'explication médicale à ce stade" pour prendre une quelconque décision. "Nous auront les résultats rapidement sur ces enfants, sur leur dossier médical, pour pouvoir explorer" des solutions.

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