Selon l'Observatoire international des prisons, la France a passé ce 1er décembre la barre des 71.000 détenus simultanés (contre un peu plus de 68.000 l'an passé). Soit une densité carcérale de 118 % (puisque le nombre de places est de 60.000). Six détenus sur dix sont obligés de partager leur cellule.

Vue de l'intérieur d'une des trois divisions de la prison de Fresnes
Vue de l'intérieur d'une des trois divisions de la prison de Fresnes © Radio France / Corinne Audouin

Plus on construit de prisons, plus on les remplit. C'est le constat que fait à nouveau l'Observatoire international des prisons (OIP) en cette fin d'année. Selon ses chiffres, 71.061 personnes étaient détenues en France au 1er janvier. Le problème, c'est que le nombre de places disponibles, lui, ne suit pas : 60.139 au 1er décembre 2018. Impossible, dans ces conditions d'assurer un encellulement individuel à chaque détenu (ce qui est pourtant un droit, inscrit dans la loi depuis... 1875).

Parmi ces plus de 71.000 détenus, 20.883 (presque un sur trois) sont des prévenus. Ils n'ont donc même pas encore été condamnés, mais attendent d'être jugés et sont en détention provisoire dans l'intervalle.

Pour l'OIP, "ce n’est pas l’augmentation de la délinquance qui est en cause, mais bien l’inflation de mesures pénales favorisant l’incarcération". Autrement dit, on n'enferme pas plus parce qu'il y a plus de délinquants, mais parce que de plus en plus de délits sont punis par de l'incarcération.

Pourtant, plusieurs de nos voisins européens prennent le chemin inverse et militent pour le développement d'alternatives à la prison, plus humaines mais aussi plus efficaces. Plusieurs pays scandinaves, l'Allemagne ou les Pays-Bas expérimentent ainsi un recours moins fréquent à l'enfermement.

Le 12 décembre dernier, l'Assemblée nationale a voté le projet de réforme de la justice proposé par la Garde des Sceaux Nicole Belloubet. Il prévoit notamment la livraison de 7.000 nouvelles places et le lancement de la construction de 8.000 places supplémentaires.

Il prévoit aussi une nouvelle échelle des peines pour éviter autant que possible les courtes peines d’emprisonnement... Tout en s'assurant que les peines déjà prononcées soient exécutées. Les prisons ne sont donc pas près de se vider.

Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.