La journée mondiale pour le droit de mourir dans la dignité est l'occasion de refaire le point sur la législation française concernant les malade en fin de vie.

Depuis janvier 2016, chaque citoyen peut rédiger des directives anticipées.
Depuis janvier 2016, chaque citoyen peut rédiger des directives anticipées. © AFP / Roos Koole

La loi sur la fin de vie va-telle connaitre une évolution en 2018 ? En tout cas, Jean-Luc Roméro veut y croire, : "chez les parlementaires de chaque groupe, le terreau n'a jamais été aussi favorable" affirme le militant de l'association pour le droit à mourir dans la dignité (ADMD). 

Mourir dans la dignité

L'ADMD se bat notamment autour du cas emblématique de Jean Mercier, un homme de 89 ans poursuivit par la justice pour avoir aidé son épouse à mourir. Il a été acquitté en appel mais le parquet de Lyon a déposé un pourvoi en cassation examiné justement ce jeudi.

Quelle que soit l'issue de ce passage devant la cour de cassation, la plus belle victoire de Jean Mercier serait que la loi évolue enfin sur l'euthanasie . Jean Mercier, interrogé par Noémie Philippot :

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Jean Mercier est un symbole de la lutte pour le droit à l'euthanasie

Par Noémie Philippot

Peut-on y voir un signe ? Le 17 octobre dernier, le député sans étiquette de Charente-Maritime Olivier Falorni a déposé une proposition de loi pour donner "le droit à une fin de vie libre et choisie". Quelques jours plus tard, c'est Caroline Fiat, députée France insoumise qui demandait la création d'un groupe afin d'ouvrir ce débat au sein de l'Assemblée Nationale.

D'ici début 2018, le débat doit bel et bien avoir lieu au sein du comité d'éthique qui validera les conclusions des États-généraux de la bioéthique, des rencontres destinées à prendre le pouls de la société sur des thématiques extrêmement sensibles comme l’euthanasie.  

En septembre dernier, le suicide assisté et la mort de l'écrivaine Anne Bert, avait provoqué une vive émotion et les pouvoirs publics avaient à nouveau été interrogés sur ce sujet.

La ministre de la Santé, Agnès Buzyn ne semble pour sa part pas extrêmement favorable à cette option au vu des déclaration qu'elle a faites au micro de nos confrères de RTL, le 22 octobre : 

A partir de quand on décide effectivement qu'une personne est suffisamment malade pour décider d’abréger sa vie (...) C'est quoi une souffrance profonde ? Est-ce que les gens qui font des dépressions graves et 10 tentatives de suicide, il faut abréger cette souffrance atroce d'une dépression grave ?

Pourtant, Jean-Luc Roméro est optimiste quand à l'évolution de la loi notamment concernant la position d'Édouard Philippe : "Le Premier ministre a évolué sur la PMA et aussi sur l'euthanasie" explique-t-il.

"Droit à s’endormir"

Actuellement, la législation française sur ce sujet est basée sur les lois Leonetti de 2005 et Claeys-Leonetti. Cette dernière, adoptée en janvier 2016, instaure "un droit à la sédation profonde et continue", jusqu’au décès pour les malades en phase terminale. Une sorte de "droit à s’endormir" pour ne pas souffrir.

Par ailleurs, chaque citoyen peut désormais rédiger des directives anticipées, à savoir ses "vœux" pour sa fin de vie, qui deviennent contraignantes pour le corps médical. Mais le texte n’autorise ni l’euthanasie, ni le suicide assisté. 

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