D'après l'étude annuelle de l'OCDE sur les systèmes scolaires à travers le monde, la France est toujours en manque de scientifiques, un secteur qui pourtant recrute.

Les petits scientifiques ont plus de chance de trouver un emploi au terme de leurs études.
Les petits scientifiques ont plus de chance de trouver un emploi au terme de leurs études. © AFP / Thierry THOREL

Comme chaque année, l'OCDE livre ce mardi, les résultats de son étude "Regards sur l'éducation", concernant les systèmes scolaires dans le monde. La France continue à valoriser les filières scientifiques sur le marché de l'emploi puisque 89 % des jeunes diplômés du secteur des sciences, de la technologie, de l'ingénierie et des mathématiques, occupent un emploi, contre 77 % des jeunes diplômés de lettres, arts, sciences sociales, journalisme et information.

La France dépense plus pour le lycée que pour le primaire

Alors que les dépenses pour un lycéen français sont supérieures de 37 % aux dépenses dans les pays de l'OCDE, pour un enfant en école primaire , la France dépense 15 % de moins que les autres pays examinés. Par ailleurs, les étudiants français dépensent deux fois plus que les autres pour le logement, le repas et le transport.

100 % des enfants de 3 ans scolarisés

Les petits Français vont presque tous à l'école dès l'âge de trois ans. Plusieurs études, dont l'étude Pisa, ont fait la démonstration que cette scolarisation "précoce" est un frein à l'échec scolaire.

Peu d'étudiants français à l'étranger

La France attire les étudiants étrangers quand les étudiants français sortent peu du territoire pour leurs études (4 % des étudiants français partent étudier à l'étranger). Ils se dirigent prioritairement vers des pays francophones.

La filière professionnelle en développement

La France reste l'un des pays de l'OCDE le moins bien pourvu en étudiants scolarisés dans les filières professionnelles même si on note une amélioration avec de bien meilleures réussites en fin de cursus dans ces filières au cours des 10 dernières années. 72 % des jeunes qui ont commencé un second cycle l'ont réussi. Mais ces filières professionnelles, plus coûteuses que les filières générales, offrent encore peu de débouchés.

Là où la France a fait des progrès remarquables c'est sur le taux de réussite au bac professionnel. On est passé en 10 ans de 55% à 70% d'élèves qui décrochent un bac pro. On est bien au dessus de la moyenne de l'OCDE et on se rapproche du taux de réussite en filière générale qui est de 73%.

Mais les choses se compliquent ensuite en matière d'emploi, avec une caractéristique bien française comme le précise Corinne Heckmann, analyste sur l'éducation à l'OCDE :

Or, 1/4 seulement des élèves sont en alternance. En France, le taux d'emploi d'un diplômé de bac pro est proche de celui d'un bac général, mais dans les autres pays, il est équivalent à celui d'un diplômé de l'enseignement supérieur. La valeur sur le marché du travail n'est pas la même, l'investissement non plus. On dépense deux fois moins pour la filière pro en France que dans l'ensemble de l'OCDE et presque 4 fois moins qu'en Allemagne, où la voie professionnelle n'est pas aussi dénigrée.

Plus d'heures de cours et moins de jours d'école

Les élèves français travaillent beaucoup plus que les autres au cours d'une journée mais sur un nombre plus retreint de jours. En France, on a plus de vacances mais on reste plus de temps assis derrière son pupitre. Avec 162 jours d'école, la France compte le nombre de jours d'école le plus bas de l'OCDE. En revanche, au primaire les enfants passent 864 heures en classe par an contre 800 pour la moyenne de l'OCDE.

On notera enfin dans ce rapport que les enseignants français sont plus jeunes et moins bien payés que leurs collègues des autres pays examinés.

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