Selon un rapport de l'association Bruitparis, observatoire du bruit en Île-de-France, le bruit des transports en particulier a un impact sanitaire fort sur la population. Le trafic routier est le principal accusé (un Francilien sur dix est exposé à des niveaux de bruit de voitures excessifs).

Voitures, bus, camions blessent les oreilles des habitants d'Île-de-France
Voitures, bus, camions blessent les oreilles des habitants d'Île-de-France © AFP / Jean-Loup Gautreau

On peut apprécier le ronronnement constant du bruit des villes, mais concrètement il est plus souvent une gêne voire une agression pour nos tympans, parfois avec des conséquences directes sur notre santé. En Île-de-France, le bruit des transports fait ainsi partie du quotidien de presque tous les habitants (90 % d'entre eux sont exposés, sur l'ensemble d'une journée, à des niveaux supérieurs aux valeurs recommandées de l'OMS).

La nuit, les niveaux sonores diminuent, mais restent supérieurs aux objectifs nocturnes de qualité fixés par l'OMS.

Plus inquiétant, le rapport publié en février par Bruitparif évoque 1,5 millions d'habitants (soit 14,8 % de la population de la région) qui seraient exposés à des niveaux supérieurs à au moins une valeur limite pour l'indicateur Lden (qui fait la moyenne du bruit auquel on est exposé sur toute une journée), autrement dit le seuil au-dessus duquel on risque une gêne ou des conséquences sanitaires.

Une grande disparité selon l'endroit

Principal responsable : le trafic routier, qui a un impact sur 10,8 % des habitants. L'avion et le train dépassent les limites pour 3,7 % et 0,5 % des habitants. Toutefois ces deux types de nuisances, si elles sont moins importantes sur l'ensemble d'une journée, ont des impacts sanitaires plus élevés (ils font beaucoup plus de bruit, mais moins souvent).

Du bruit qui a une conséquence bien réelle et mesurable sur la santé. En moyenne, un habitant d'Île-de-France perd 10,7 mois de vie en bonne santé à cause du bruit des transports qu'il aura subi pendant toute son existence. Mais ce chiffre varie beaucoup en fonction du lieu où il réside : les habitants de la Métropole du Grand Paris, par exemple, perdent en moyenne 10,1 mois de vie en bonne santé (en particulier dans les XVe, XVIIIe et XXe arrondissements), contre plus de 20 mois dans des agglomérations plus exposées comme celle de Roissy.

Dans certaines communes (Compans, Ablon-sur-Seine ou Villeneuve-le-Roi, par exemple), on cumule nuisances sonores aéroportuaires, routières et ferroviaires, et le bruit peut faire perdre plus de trois ans de vie en bonne santé.

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