Plus de 220 rassemblements se sont tenus ce mardi dans toute la France pour réclamer plus de moyens pour les salariés des hôpitaux. Qualifiés de "héros en blouse blanche" par Emmanuel Macron au début de la crise du Covid-19, ils attendent des mesures fortes.

Des rassemblements à l'appel d'une dizaine de syndicats et collectifs de soignants.
Des rassemblements à l'appel d'une dizaine de syndicats et collectifs de soignants. © Agences

"Finis les applaudissements, place aux rassemblements". Après trois mois de crise sanitaire, médecins, aides-soignants et infirmiers ont battu le pavé mardi un peu partout en France pour rappeler au gouvernement ses promesses sur l'hôpital, en plein "Ségur de la santé". Paris, Marseille, Bordeaux, Nantes, Clermont-Ferrand... Plus de 220 rassemblements se sont déroulés, à l'appel d'une dizaine de syndicats et collectifs de soignants.

À Paris, ils étaient ainsi plusieurs milliers de manifestants à scander leur colère. Le cortège, parti du ministère de la Santé, a rejoint en milieu d'après-midi l'esplanade des Invalides.

Un manifestant souffle dans une corne de brume devant les Invalides à Paris.
Un manifestant souffle dans une corne de brume devant les Invalides à Paris. © AFP / Antoine Wdo
Des manifestants rassemblés devant le ministère de la Santé.
Des manifestants rassemblés devant le ministère de la Santé. © AFP / Hermann Click

Il s'agit des premières manifestations autorisées en France depuis l'entrée en vigueur du confinement il y a trois mois.

Des soignants se sont allongés à terre, les uns sur les autres.
Des soignants se sont allongés à terre, les uns sur les autres. © AFP / Quentin De Groeve

Objectif : mettre à profit le soutien engrangé auprès de la population pendant la crise du Covid-19 pour obtenir des avancées pour les salariés des hôpitaux et des Ehpad, salués comme des "héros en blouse blanche" par Emmanuel Macron au début de l'épidémie. Ou "héroïnes", comme ces manifestantes parisiennes vêtues du "S" de Superman : 

Des militantes de l'association Attac, les "Rosies", ont quant à elles dansé sur les pavés parisiens et modifié les paroles du célèbre tube de Gala "Freed From Desire", à l'adresse du président Emmanuel Macron : "Nananananana, on n'oubliera pas" :

À noter que des violences ont été constatées en marge de la manifestation parisienne, avec plusieurs interpellations. "Des groupes violents" qui ont tenté de faire dégénérer "la manifestation pacifique des soignants", a précisé la préfecture de police.

De leur côté, les forces de l'ordre ont fait usage de gaz lacrymogène et chargé des groupes de manifestants, notamment aux Invalides. Des soignants ont également été interpellés, selon des images filmées sur place : 

À Nantes aussi, des heurts ont éclaté entre des manifestants et les forces de l’ordre aux abords de la préfecture, mais le calme est vite revenu. Le défilé nantais a regroupé plus de 1.000 personnes. "De l'argent pour la santé, l'école, pas pour les LBD (Lanceurs de balles de défense)", pouvait-on notamment lire sur une banderole déployée sur le capot d'une voiture :

À Lille, des soignantes se sont alignées en silence, chacune portant un masque flanqué de l'inscription S.O.S pour alerter sur la situation de l'hôpital public : 

Lille où certains membres des forces de l'ordre qui encadraient la manifestation n'ont pas hésité à applaudir sur le passage des soignants pour témoigner leur soutien, comme le montre cette vidéo relayée par le compte Twitter des officiers et commissaires de police :

À Bordeaux, ce sont des pompiers qui ont applaudi au passage du cortège, qui a regroupé au moins 4.000 personnes selon la police : 

Dans les rues de Marseille, la manifestation a regroupé 3.500 personnes selon les forces de l'ordre.

Plus de 5.000 personnes ont aussi défilé à Grenoble, selon les organisateurs : 

À Quimper, pour alerter sur l'état de l'hôpital, des manifestants ont transporté un cercueil flanqué de l'inscription "Non à la mort de notre santé publique"

Des manifestants bretons transportant un cercueil.
Des manifestants bretons transportant un cercueil. © Maxppp / Yves-Marie Quemener

Autre slogan brandi à Clermont-Ferrand par un manifestant affublé d'un masque à l'effigie d'Emmanuel Macron : "De l'ISF pour les hôpitaux". Un millier de manifestants se sont rassemblés à la mi-journée devant l'Agence Régionale de Santé.

Un manifestant clermontois.
Un manifestant clermontois. © AFP / Maxime Fraisse
Une autre manifestante clermontoise avec une pancarte éloquente.
Une autre manifestante clermontoise avec une pancarte éloquente. © AFP / Maxime Fraisse

Les manifestations ont également regroupé entre 2.600 et 5.000 personnes à Montpellier (selon les syndicats), entre 1.500 et 3.000 à Caen, ou encore entre 1.300 et 3.000 à Rennes.

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