La Cour constitutionnelle italienne se saisit de la question de la fin de vie et pourrait se positionner sur le suicide assisté. Elle avait donné un an au Parlement pour qu’il se prononce sur la question, mais ce dernier ne l’a pas fait. Depuis, les défenseurs et les opposants au suicide assisté montent au créneau.

En Italie, le débat sur la fin de vie resurgit alors que la Cour constitutionnelle italienne se saisit de la question
En Italie, le débat sur la fin de vie resurgit alors que la Cour constitutionnelle italienne se saisit de la question © Getty / Boris Zhitkov

Marco Capatto attend cette décision avec impatience car il est poursuivi pour avoir accompagné un homme, DJ Fabo, en Suisse pour l’assister dans son suicide. Ancien député européen, Marco Capatto est aujourd’hui trésorier de l’association Luca Coscioni où il milite pour que soient autorisés le suicide assisté et l’euthanasie. Il pourrait aussi échapper à la prison car selon la loi actuelle, il encourt jusqu’à 12 ans de prison. "C’est un moment, une étape importante non seulement pour moi et Mina Welby mais aussi pour toutes ces personnes qui vivent la question comme urgente, les personnes atteintes de maladie grave et qui souffrent, elles attendent une décision."

Ils sont en effet plusieurs à être poursuivis pour avoir accompagné une personne voulant se suicider en Suisse. C’est aussi le cas de Mina Welby, 82 ans : son mari Pierluigi Welby est mort il y a 13 ans, débranché par son médecin, qui militait pour une fin de vie choisie. Depuis, elle poursuit le combat de son mari et a accompagné Davide Trentini, atteint de sclérose en plaques, en Suisse :

"Je n’étais pas joyeuse quand je suis parti avec lui mais en le voyant sourire et heureux, je me suis dit, moi qui suis catholique - je suis croyante - il est juste que je l’accompagne."

Les défenseurs du suicide assisté et de l’euthanasie ne sont pas les seuls à se mobiliser. L’Église catholique tente de se faire entendre. La Conférence des Évêques Italiens s’est élevé contre la possibilité d’ouvrir la voie à l’euthanasie. Mais certains prêtres à Rome estiment leur Église bien frileuse sur ces sujets de société, surtout en la comparant à l’Église de France, qui se mobilise contre la PMA pour toutes notamment.

Satisfaire une possible volonté de mort

Pour appuyer les évêques italiens, le pape François a saisi l’opportunité d’une rencontre avec l’Ordre des médecins italiens pour condamner suicide assisté et euthanasie : "On peut et on doit repousser la tentation, favorisée aussi par des changements législatifs, d'utiliser la médecine pour satisfaire une possible volonté de mort du malade en fournissant une assistance au suicide ou en causant directement la mort par euthanasie."

Une défaite du Parlement

Si les défenseurs et les opposants sont dans leur rôle, les législateurs n’assument pas leur mission. Nombre d’observateurs les renvoient à leur responsabilité alors qu’ils avaient un an pour se saisir de cette question de la fin de vie. Mais les chefs de groupes politiques au Sénat ne sont même pas parvenus à se mettre d’accord sur le calendrier des projets de réforme déjà existants ! Il appartient pourtant au Parlement de trouver un équilibre entre tous les intérêts éthiques et moraux en jeu.

Sur ces questions complexes, il n’est pas à exclure qu’aucune décision de légiférer ne soit prise, comme cela peut être le cas souvent en Italie sur les sujets de société.

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