Maltraitance enfants
Maltraitance enfants © BEP/La Provence

Les médecins sont bien placés pour détecter les cas de maltraitance. Et pourtant, ils sont à l'origine de 5% des signalements. La Haute Autorité de Santé (HAS) vient d'élaborer des recommandations pour "les aider à jouer leur rôle".

La maltraitance des enfants est "un sujet de santé publique majeur en raison de la fréquence de ce problème. Et les professionnels de santé ne jouent pas assez leur rôle", souligne le Professeur Jean-Luc Harousseau, président du collège de la HAS.

Les "freins" au signalement sont multiples et notamment imputables au manque de formation, à la crainte d'un signalement abusif, au manque de confiance dans les services sociaux. Ceux qui ont franchi le pas sont rarement informés des suites de leur démarche et se plaignent d'"un problème de suivi".

Manque de formation

Catherine Bonet, pédopsychiatre, a elle-même été confrontée à des cas d'enfants maltraités :

Le premier problème, c'est qu'il n'y a pas de formation durant les études de médecine. Le deuxième, c'est qu'il faut un changement de législation avec une obligation de signaler. (...) D'autre part, il faut qu'il y ait une protection juridique de ceux qui signalent.

(Propos recueillis par Danielle Messager)

Présenté par la HAS comme "le premier outil de ce genre", le mémo de recommandations, consultable sur son site internet, explique aux médecins les signes physiques et comportementaux qui doivent les alerter.

"Des signes qui ne trompent pas"

Certaines lésions (fractures, griffures, morsures, ecchymoses) sont "des signes d'appel qui ne trompent pas", par exemple quand il y a "une incohérence totale" avec l'âge de l'enfant, son niveau de développement et l'explication avancée par ses parents.

En cas de suspicion, les médecins doivent agir : faire hospitaliser l'enfant s'il leur semble nécessaire de le protéger sans délai de ses parents, faire un signalement au procureur de la République ou, dans les cas moins urgents, déposer une "information préoccupante" auprès du conseil général.

Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.