À l'occasion d'une journée débats organisée par le Cercle des économistes sur le thème "Comment éviter une génération sacrifiée", le cabinet Elabe a sondé quelque 800 jeunes de 18 à 24 ans sur la façon dont ils traversent cette période. Une plongée au cœur de leurs angoisses et également, malgré tout, de leurs espoirs.

Isolement, inquiétude : les jeunes subissent de plein fouet les conséquences, psychologiques et matérielles, de la crise
Isolement, inquiétude : les jeunes subissent de plein fouet les conséquences, psychologiques et matérielles, de la crise © AFP / Valentino Belloni / Hans Lucas

Quels sont les sentiments qu'éprouvent le plus souvent les jeunes au temps du Covid ? En premier lieu de l'inquiétude (pour 29% d'entre eux), puis de la lassitude (à 23%). C'est ce qui ressort d'une étude menée par le cabinet Elabe, réalisée pour le Cercle des économistes, sur 1 001 personnes (choisies selon la méthode des quotas) et 800 personnes représentatives de la population française âgée de 18 à 24 ans, à l'occasion d'une journée de débats nommée "Comment éviter une génération sacrifiée" organisée ce jeudi, et qui sera lancée par le Premier ministre Jean Castex.

Interrogés sur ce que symbolise, pour eux, la période de confinement, ils sont 6 sur 10 à les voir comme des moments de grande angoisse. L'isolement vient s'ajouter à cette angoisse, pour 58% des sondés. Pour 74% d'entre eux, la période a renforcé les oppositions ou les fractures dans le pays. Ils sont, par ailleurs, presque autant à avoir eu l'impression que leur vie leur échappait (48%), qu'à avoir senti qu'ils en gardaient le contrôle (49%).

Difficultés mais espoir malgré tout

Aux difficultés psychologiques sont venues s'ajouter les difficultés financières : la crise sanitaire a obligé 4 jeunes sur 10 à se restreindre sur leurs dépenses de consommation courante (habillement, loisirs et vacances, équipement de la maison) : un jeune sur deux dit même avoir dû réduire ses dépenses alimentaires, ou avoir sauté un repas. Et 36% d'entre eux ont même renoncé ou retardé des soins de santé. Au total, plus d'un parent sur deux dit avoir aidé financièrement ses enfants, dont 17% qui ont dû le faire plus qu'habituellement

Et pourtant... L'un des autres enseignements de l'étude, c'est l'espoir et l'optimisme qui restent de mise pour l'avenir. Comme le montre le graphique en tête d'article, plus que "déprimés" (16%) ou "pessimistes" (10%), les jeunes sont plus nombreux à se dire "optimistes" (21%), "combatifs" (19%) ou même "heureux" (20%). Et globalement, tant sur leur avenir personnel que professionnel, ils sont près de 6 sur 10 à se dire optimistes pour le futur.