Après la mort annoncée du système APB, les professionnels du secteur présentent ce jeudi leurs pistes de réformes. Parmi elles : la "prise en compte du profil de l’élève".

Amphithéâtre de l'université de Nantes -
Amphithéâtre de l'université de Nantes - © AFP / CITIZENSIDE / Estelle Ruiz

Les récits sur le chaos entrainé par le système APB (Admission Post Bac) ne sont pas difficiles à trouver. L’été 2017 a été particulièrement problématique puisque la procédure d’admission post-bac a laissé sur le carreau 3700 jeunes fin septembre. 

Ce jeudi 19 octobre, les principaux acteurs de l’enseignement supérieur, qui planchent sur un nouveau système depuis cet été, ont remis leurs propositions à la ministre de l’Enseignement supérieur Frédérique Vidal. L’objectif est bien de mettre fin au tirage au sort à l’entrée de certains cursus universitaires. C’est là qu’une course contre la montre s'engage puisque les étudiants doivent inscrire leurs vœux pour la poursuite d’études dès le mois de janvier et le ministère de l’Enseignement supérieur a promis que le nouveau logiciel d’inscription entrera en vigueur début 2018, il ne portera plus le nom APB. Plusieurs pistes sont recommandées par les professionnels, dont des formes de sélections dans certaines filières.

Extrait du rapport sur la consultation sur la réforme du premier cycle de l'enseignement supérieur.
Extrait du rapport sur la consultation sur la réforme du premier cycle de l'enseignement supérieur. / Daniel Filâtre

La question des prérequis divise les acteurs du secteur

Les groupes de travail ont été formés par des représentants de syndicats enseignants et étudiants, par des recteurs, des représentants de parents d’élèves et des présidents d’universités. A la lecture du rapport final de 34 pages, il apparaît clairement que la question des prérequis pour entrer à l’université n’a pas fait consensus. Ce système représente "une privatisation du droit à poursuivre ses études supérieures librement" pour certains, un moyen "plus juste de servir la réussite de l'étudiant" pour d’autres.

Parmi les réformes envisagées, il ressort du rapport la possibilité de conditions d’accès différenciées selon les filières universitaires en tension avec des pistes formulées pour STAPS, médecine et psychologie.

  • STAPS : mettre en place un plan d’urgence pour augmenter les places et instaurer une sélection notamment en fonction du projet et des compétences de l’élève
  • Santé : faire suivre une "préparation à l’entrée dans les études de santé" au lycée, préparation sanctionnée par la validation d’un MOOC 
  • Psychologie : aucun consensus trouvé sur un mode d’entrée

Le rapport rappelle aussi que ce système de sélection est déjà appliqué en terminale pour intégrer certaines filières comme les classes prépa, les IUT, etc ...et sont beaucoup moins décriés dans ces cas-là.

Mieux accompagner en terminale, allonger la durée de la licence

Pour les acteurs de l’enseignement supérieur rassemblés dans cette réflexion, la réforme du système d’entrée à l’université doit d’abord passer par une meilleure prise en compte du projet professionnel de l’élève tout au long de son parcours au lycée. Meilleure information, accompagnement par les professeurs, voire avis consultatifs de l’équipe pédagogique lors du conseil de classe sur le projet d'études supérieures (procédure déjà appliquée pour les filières sélectives mais pas pour l'université). Ils recommandent aussi de prendre en compte les élèves les plus fragiles tout au long de l’année de terminale.

L’autre solution pour une répartition plus fluide consisterait à réformer le système LMD (licence-master-doctorat) en allongeant particulièrement la durée de la licence. Des propositions qui là encore ont divisé dans les rangs des enseignants, présidents d'université et étudiants. Propositions qui doivent d'ailleurs être maintenant examinées par le ministère de l'Enseignement supérieur.

Après la Cnil, la Cour des comptes s’attaque à APB

Condamné cet été par la Cnil, qui dénonçait des décisions prises sur le fondement d’un algorithme, APB a été épinglé ce jeudi par la Cour des Comptes. Elle dénonce une méconnaissance des bacheliers sur le rôle de la plate-forme, des professionnels mal formés, mais surtout elle demande plus de transparence sur les critères retenus pour l’admissions

Actuellement ce sont l’origine académique, la situation familiale et l’ordre du vœu qui déterminent l’attribution. Pas sûr que les prérequis suggérés par certains professionnels de l’enseignement supérieurs répondent, en l’état, à un besoin de plus de transparence.

En tous les cas, les avis sont unanimes sur une réforme nécessaire et urgente. Cette année encore les effectifs étudiants ont bondi : 40.000 en plus cette année.

Le rapport de la Cour des comptes sur le système APB
Le rapport de la Cour des comptes sur le système APB © Visactu / /
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