Paris pollution Tour Eiffel
Paris pollution Tour Eiffel © © mattscutt / RooM The Agency /Corbis

Sur invitation d'Anne Hidalgo, la maire de Paris, les représentants de 29 villes françaises et européennes ont lancé une initiative commune sur le climat, à quelques mois de la future conférence COP 21, qui aura lieu elle aussi à Paris.

Une réunion en avance, qui a abouti à une déclaration commune des représentants de Rome, Athènes, Genève, Lisbonne, Madrid, Sofia, Stockholm, Varsovie, Vienne, Bruxelles, Bucarest, Lyon et Bordeaux. Ils s'y engagent "à réduire d'au moins 40 % [les émissions de] gaz à effet de serre d'ici 2030", en accord avec les engagements de l'Union européenne elle-même.

Pourquoi cet engagement ? Le point de départ, c'est un double constat :

  • les villes polluent (70 % de la production mondiale des gaz à effet de serre provient des zones urbaines)
  • les villes sont de plus en plus peuplées (en 2050, les deux tiers des humains, soit neuf milliards d'habitants, vivront en ville)

    Mais la trentaine de maires (ou représentants) présents ce jeudi à Paris sont aussi persuadés que si la ville est source de problèmes, elle peut être à la pointe en matière de solutions. Elle a la main sur des dossiers transports, logements ou encore énergie.

"Les gouvernements seuls n'y arriveront pas"

Parmi les intervenants, Henrik Appel, conseiller municipal de Copenhague en charge des affaires internationales. Le projet de la ville : devenir la première capitale "carbone neutre" en 2025. 75 % des déplacements se feront à pied, en bus ou en vélo.

Une "autoroute des bicyclettes" est en gestation dans la ville, nous explique Henrik Appel

La ville veut aussi réduire la consommation énergétique de ses bâtiments et de ses lampadaires. D'ici 2025, l'éclairage de rue devra être deux fois moins gourmand.► ► ► ALLER PLUS LOIN | Le projet complet ici est visible ici

Londres, de son côté, souligne que la pollution est sans doute à l'origine de 4300 décès prématurés par an. Les transports étant responsables de 60% des émissions, la ville a déjà instauré le péage urbain et veut "verdir" sa flotte de 23 000 taxis d'ici 2020.

Pour la venue des maires, des Autolib décorées aux couleurs des pays européens
Pour la venue des maires, des Autolib décorées aux couleurs des pays européens © Radio France / Julie Pietri

Et il n'est pas question que de "renoncement", explique Matthew Pencharz, conseiller Environnement et Energie du maire de Londres : "L'économie verte est en essor, 45% de croissance par an", avec la création de milliers d'emplois non délocalisables à la clef.

Les villes, structures de proximité "doivent montrer l'exemple", insiste le maire de Genève, Sami Kanaan, qui se déplace désormais en vélo électrique. Mais les villes seules n'ont pas toutes les clefs.

Pour lui, cet accord ne doit pas dédouaner les États de leurs responsabilités lors du sommet de décembre

► ► ► À VENIR | La COP 21, conférence des nations unis sur le changement climatique se tiendra du 30 novembre au 11 décembre prochain

"La conférence avant l'heure"

François Hollande a lui aussi rencontré les maires européens dans la matinée, saluant ces représentants qui "ont fait la conférence avant l'heure".

Le rôle qui est le vôtre, métropoles européennes, c'est de montrer qu'il est possible de vivre, et de vivre bien dans de grandes agglomérations, et avec un modèle urbain qui permet de répondre aux exigences de la lutte contre le réchauffement climatique.

Une directive européenne du 26 février 2014 encourage la constitution de groupements de commande publique entre les municipalités. La maire de Paris a appelé les représentants à ne pas attendre sa transcription locale pour commencer à déjà mettre en place des commandes communes. "On a commencé à travailler plus étroitement encore avec Rome et Bruxelles à partir de nos besoins de renouvellement d'un certain nombre de véhicules", explique-t-elle.

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