Eric Drouet a été interpellé samedi 22 décembre alors qu'il manifestait à Paris. Il sera jugé le 5 juin prochain, notamment pour port d'arme prohibée. 33 ans, chauffeur routier en Seine et Marne, Éric Drouet a été un des premiers à lancer le mouvement des "gilets jaunes".

Eric Drouet, l'un des leaders des "gilets jaunes"
Eric Drouet, l'un des leaders des "gilets jaunes" © Maxppp / Newscom / EPA / Christophe Petit Tesson

Lorsqu'à l'automne Priscilla Ludosky ne compte encore que quelques milliers de soutiens pour sa pétition contre la hausse des carburants, Éric Drouet lui propose son aide.  

Nous sommes début octobre. Éric Drouet a monté une association locale, "Muster Crew", une association qui regroupe des fans de voitures et de tuning en Seine et Marne. Il contacte Priscilla Ludosky, via Facebook, pour lui proposer un rassemblement sur le périphérique, porte de Bercy, le samedi 17 novembre. Ce sera ce qu'on a appelle l'acte I. "On organisait souvent des réunions de passionnés de voitures où on roulait ensemble. Pour le 17 novembre, l'idée à la base, c'était d'organiser un road-trip sur le périphérique de Paris mais, cette fois, pour dénoncer la hausse des prix", expliquait Éric Drouet à Franceinfo début novembre.

Éric Drouet est devenu un symbole, peut-être LE symbole d'un mouvement horizontal, disparate et éclaté. Il est reçu, avec Priscillia Ludosky le 27 novembre pendant près de deux heures, par François de Rugy, mais refuse ensuite l’invitation du Premier ministre quelques jours plus tard, lui même ne se considérant que l'un des "gilets jaunes" "Aucune délégation n'a encore le rôle de représenter les 'gilets jaunes', écrit-il sur sa page Facebook, "ceux qui accepteront d'y aller devront en accepter les conséquences".

Désormais sa page "La France énervée" compte plus de 250 000 fans. C'est là que samedi le rendez-vous avait été donné à Versailles avant de basculer vers le quartier de Montmartre.

Éric Drouet qui se définit comme un "relayeur d'information" et non pas comme un organisateur, était déjà visé par une enquête suite à ses propos, le 5 décembre, lors d'un débat télévisé où il avait indiqué "si on arrive à l’Élysée on rentre dedans".

Éric Drouet arrêté donc samedi dans les rues de Paris, sera jugé le 5 juin prochain prochain pour "port d'arme prohibé de catégorie D", après avoir été retrouvé porteur d'une sorte de matraque. "Faux !", rétorque son avocat qui nous a expliqué qu'Éric Drouet avait sur lui son sac de travail avec à l'intérieur un bout de bois artisanal de 30 centimètres qu'il a dans son camion en cas d'agression. Khéops Lara dénonce "une tentative pour empêcher Éric Drouet de manifester pacifiquement"

Dans l'attente de ce procès, Éric Drouet a été placé sous contrôle judiciaire avec interdiction de porter une arme. Il n'est cependant pas interdit de se présenter à Paris contrairement à ce que le parquet de Paris avait demandé et que lui même redoutait.

Dimanche soir, des "gilets jaunes" ont dénoncé dans un communiqué "l'agression brutale, l'arrestation arbitraire et injustifiée dont a été victime Éric Drouet" et exigent du gouvernement "l'abandon de toutes les charges injustifiées" à son égard.  Parmi les signataires, des figures emblématiques du mouvement comme Maxime Nicolle, alias "Fly Rider", Priscillia Ludosky ou Laëtitia Dewalle. 

Selon Maître Khéops Lara, pour l'instant Éric Drouet a besoin de se reposer, au calme, et loin des médias.

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