L'AP-HP a reconnu que plusieurs "gilets jaunes" ont bien été fichés lorsqu'ils ont été soignés en marge des manifestations qui se sont déroulées chaque samedi à Paris depuis novembre dernier. Une erreur qui s'explique par des consignes "ambiguës" de l'AP-HP.

Les urgences de l'AP-HP (illustration)
Les urgences de l'AP-HP (illustration) © Maxppp / Luc Nobout

"Il y a eu des utilisations inappropriées du dispositif Si-VIC le samedi 20 avril" a reconnu mercredi François Crémieux. Le directeur général adjoint de l'AP-HP (Assistante publique - hôpitaux de Paris) a annoncé les conclusions de vérifications préliminaires après des accusations de fichage de "gilets jaunes".

Dans un premier temps, les autorités sanitaires avaient rejeté ces accusations de "fichage" de patients, après qu'un "gilet jaune" blessé a déposé plainte contre X pour fichage illégal par l'hôpital qui l'avait opéré en février dernier, avant qu'un communiqué de l'AP-HP publié ce mercredi midi ne vienne confirmer ce fichage.

"Dans le cadre des "gilets jaunes" et suite aux révélations récentes, nous avons été regarder dans le détail, entre hier et ce matin, ce qui s'était fait dans l'ensemble de nos hôpitaux pour la prise en charge de plusieurs centaines de patients au détour de ces manifestations" explique François Crémieux au micro de France Inter. Il reconnaît que des "informations inappropriées ont été saisies" pour une "grosse dizaine de patients" parmi les centaines de personnes prises en charge par l'Assistance publique dans le cadre de ces manifestations depuis novembre dernier. 

L'AP-HP plaide pour une erreur d'utilisation

"Ce ne sont pas les agents de l'AP individuellement qui sont en cause, c'est le dispositif que nous avons mis en place" précise François Crémieux.

Le dispositif Si-Vic ou "système d'information pour le suivi des victimes" est utilisé à la fois dans le cas de situations d'urgence, comme récemment lors de l'explosion de la rue de Trévise à Paris, mais aussi lors de manifestations d'envergure. Dans le cas des "gilets jaunes", "la case commentaire associée à chacune des fiches a été remplie de manière inappropriée avec des informations de nature médicale" précise le directeur adjoint de l'AP-HP.

Très clairement, le dispositif Si-Vic n'est pas prévu pour cela, on a d'autres outils pour le faire, notamment les dossiers médicaux des patients donc effectivement, ces informations n'auraient pas dû apparaître dans le dispositif Si-Vic.

C'est à cause des consignes insuffisamment claires de la part de l'Assistance publique sur l'utilisation du dispositif Si-Vic que des équipes ont fait cette erreur, poursuit François Crémieux. Si dans le cas de la rue de Trévise, Si-Vic permet de suivre et d'identifier les victimes dans un contexte particulièrement compliqué, il n'en est pas de même lors d'une manifestation. Dans les services d'urgence, médecins, infirmiers ou personnels administratifs ont donc une dizaine de fois mal saisis les éléments dans la fiche Si-Vic, en raison "d'ambiguïté" dans les consignes données par l'AP-HP. François Crémieux insiste : 

Ce sont pas les agents qui ont fait une utilisation inappropriée, ce sont nos consignes qui étaient ambiguës. La direction assume l’ambiguïté des consignes qui ont été passées.

Enquête de l'ARS diligentée

L'enquête va désormais se poursuivre, en lien avec l'Agence régionale de santé (ARS) pour mesurer l'ensemble des enjeux de cette mauvaise utilisation du dispositif. 

Suite à cette enquête, l'Assistance publique envisage de "revoir le dispositif" Si-Vic.

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