Le leader indépendantiste polynésien Oscar Temaru a annoncé mardi avoir déposé, le 2 octobre dernier, une plainte devant la Cour pénale internationale contre la France pour crime contre l'humanité. Elle vise les essais nucléaires qui ont eu lieu au large de l'archipel, entre 1966 et 1996.

Le leader indépendantiste polynésien Oscar Temaru
Le leader indépendantiste polynésien Oscar Temaru © AFP / GREGORY BOISSY

Le parti indépendantiste de Polynésie française a déposé une plainte, début octobre, devant la Cour pénale internationale (CPI) pour crime contre l'humanité contre l'Etat français. C'est le dirigeant du parti, Oscar Temaru, qui l'a annoncé mardi soir devant une commission des Nations-Unies, à New York. 

Devant cette commission spécialisée sur les sujets relatifs à la décolonisation, Oscar Temaru a déclaré que "cette poursuite en justice a pour objectif de demander des comptes à tous les présidents français vivants depuis le début des essais nucléaires contre notre pays". Il vise en effet les essais qui ont été menés, entre 1966 et 1996, sur les atolls de Mururoa et Fangataufa. 

"Nous le devons à toutes les personnes décédées des conséquences du colonialisme nucléaire".

Au total, 193 essais ont eu lieu sur cette période, d'abord dans l'atmosphère, puis en sous-sol. "Contrairement au discours français, nous n'avons pas accepté d'accueillir ces essais. Ils nous ont été imposés avec la menace directe de l'établissement d'une gouvernance militaire si nous refusions", a ajouté Oscar Temaru. 

Les essais nucléaires ont eu un impact négatif sur l'environnement et les populations polynésiennes. En 2010, une loi instaurant des indemnisations a été qualifié de "trop restrictive" par les personnes touchées. Oscar Temaru a affirmé que bien que, sous l'égide de l'ONU, des dialogues avaient eu lieu depuis 2013, les appels à venir à la table de discussions avaient été "ignorés et méprisés" par la France.

Certains intervenants ont même évoqué le terme de "génocide". Un représentant de l'administration polynésienne a estimé que ce terme était surprenant, étant donné que la population polynésienne avait plus que doublé entre 1966 et 2017. 

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