Le gouvernement veut se séparer de 50 000 agents publics d’État d’ici 2022. Alors comment reconvertir ces fonctionnaires ? Une agence de reconversion, comme dans l’armée, pourrait être la solution.

Un entretien d'embauche.
Un entretien d'embauche. © Maxppp / Image illustration.

À l'heure où le gouvernement met un coup d'accélérateur à la réforme de l'État et à la suppression de 50 000 postes d'agents publics d'ici 2022, la question de la reconversion des fonctionnaires devient majeure. Le gouvernement souhaite créer une agence de reconversion pour les fonctionnaires, un dispositif qui pourrait bien s’inspirer d’un exemple déjà existant chez les militaires pour la mission de reconversion des officiers, une structure interne au ministère des Armées. Selon Matignon, cela permettra "d'avoir une force de frappe pour accompagner éventuellement des départs volontaires".

Consultants, apiculteurs, etc.   

Dans un bâtiment tout proche du fort de Vincennes, dans le XIIe arrondissement de Paris, une cinquantaine d’agents sont dédiés à la reconversion des officiers. "Les militaires sont bien reconnus par la Nation dans le métier qu’ils font mais on n’imagine pas leur 'transposabilité''" explique le colonel Pascal Borie, bien placé pour savoir que quitter l'armée pour le monde de l'entreprise n'est pas toujours chose aisée. "On travaille comme n’importe quel cabinet de transition professionnelle et nous avons des conseillers qui accueillent régulièrement des officiers".  

Les reconversions sont vraiment très variées expliquent les conseillers de l’agence : "Il y a des postes de direction avec une partie importante de management où, là, les compétences transposables sont évidentes mais les reconversions sont vraiment très variées et répondent vraiment aux attentes : consultant, apiculteur, élagueur, etc."

Un accompagnement essentiel  

Un accompagnement essentiel pour le colonel Christophe Ysewyn qui, à 48 ans, cherche un nouvel emploi : "Dans nos métiers, on aime faire parler de nous par l’efficacité de notre travail plus que par la parole. Donc, la petite faiblesse qu’on a, c’est _la difficulté de se vendre_. Toutes les activités organisées par la mission de reconversion des officiers en terme de formation, de rencontres, d’immersion dans le monde de l’entreprise sont une aide indispensable".  

Ce dispositif pourrait-il servir de modèle ? 

C’est déjà le cas pour certains ministères, confirme Pascal Borie : "Aujourd’hui nous sommes approchés, nous sommes en discussion avec d’autres ministères qui viennent voir comment nous sommes organisés, comment nous accompagnons ces cadres-là. Je pense vraiment qu’on peut servir de modèle." Sur près de 2 000 départs chaque année, la mission reclasse 600 officiers. "C’est la mission de l’État" que d’aider à la reconversion de ses cadres, estime le colonel. 

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