Mutuelle étudiante
Mutuelle étudiante © manuel | MC

Gestion hasardeuse, délais de remboursement interminables, permanence aux abonnés absents... Les mutuelles étudiantes subissent de nombreuses critiques depuis plusieurs mois. Une proposition de loi examinée ce mardi au Sénat propose de les supprimer purement et simplement. La sénatrice UMP Catherine Procaccia, à l'origine du texte, avait déjà rendu un rapport très critique sur la gestion de ces mutuelles fin 2012. Elle demande désormais leur suppression : finie la délégation de service public qui leur est accordée, les étudiants seraient affiliés tout simplement au régime général d'assurance maladie, la CNAM.

Une simplification radicale, qui génèrerait des économies non négligeable pour la Sécu (70 millions d'euros d'après la Cour des Comptes).

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Il faut dire que les mutuelles sont loin d'avoir prouvé leur efficacité dans leur rôle d'aide aux étudiants. D'abord parce que leur gestion est parfois catastrophique : en témoignent les difficultés financières auxquelles la principale d'entre elles, la LMDE, est confrontée aujourd'hui. La mutuelle étudiante est quasiment en faillite.

Quant au service, il est très médiocre, avec des délais de remboursement très longs, et des permanences téléphoniques trop souvent inaccessibles.

La LMDE, proche de l'UNEF et du Parti socialiste

En cause aussi, les frais de gestion qu'engendre le systeme. Aujourd'hui, deux organismes occupent le marché, une concurrence qui duplique les coûts sans réel avantage pour les quelques 2 millions d'étudiants affiliés. Par ailleurs, les étudiants doivent se réinscrire auprès de la mutuelle à chaque rentrée scolaire, ce qui entraîne des frais supplémentaires et des retards de paiement.

L'idée de la proposition de loi UMP serait donc de rattacher les étudiants au régime général d'assurrance maladie, non pas en tant qu'ayant droit de leurs parents mais en tant que personne autonome, et de transférer les quelques centaines de salariés des mutuelles étudiantes à la Sécu.

Le texte rencontre toutefois un peu de resistance politique, à gauche. Il faut dire que la LMDE est étroitement liée au syndicat étudiant UNEF, lui-même très proche du Parti socialiste...

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