C'est une première aux États-Unis : les habitants de Denver (Colorado) ont adopté la dépénalisation de l'usage des champignons magiques. Peut-être un premier pas vers une dépénalisation nationale. Il sont souvent consommés à des fins médicales, mais pas seulement...

Les champignons hallucinogènes désormais autorisés à Denver dans le Colorado
Les champignons hallucinogènes désormais autorisés à Denver dans le Colorado © AFP / Yves Lanceau

La mesure est passée de justesse. Par référendum, les habitants de Denver ont voté pour la dépénalisation à 50,56% et contre à 49,44%. Le texte interdit désormais à la police locale d'infliger des poursuites criminelles pour détention d'un champignon hallucinogène (magic mushroom) pour son usage personnel. Et ce à partir du moment où la personne a au moins 21 ans. 

Selon Kevin Matthews, militant pour la dépénalisation interviewé dans le Los Angeles Times : 

Ce vote envoie un message à tout le pays : d'une part que les Américains sont prêts à avoir un débat plus large au sujet de la  psilocybine et que d'autres part personne ne devrait être traité en criminel parce qu'il consomme des champignons. 

Des militants de l'État de l'Oregon espèrent de leur coté déposer un texte soumis à référendum en 2020 au sujet cette fois d'une dépénalisation dans tout le pays. L'Iowa et plusieurs autres États devraient faire de même. 

Effet calmant non addictif

Selon les partisans de cette mesure, les "champignons magiques", qui contiennent de la psilocybine, le principe actif, ont un effet médical. 

Kevin Matthews affirme que consommer des champignons hallucinogènes lui permet de venir à bout d'une dépression invalidante. Certains disent qu'ils atténuent leur anxiété et les signes d'un stress post-traumatique. 

Par exemple, une étude menée par le Beckley/Imperial Research Programme en 2016 et publiée dans la revue spécialisée Lancet démontre que tous les patients dépressifs, ayant pris des champignons hallucinogènes, ont vu leur dépression réduire une semaine après leur traitement. Les effets maximums ce sont vus quant à eux après cinq semaines, et les effets bénéfiques se sont maintenus pendant trois à six mois. Chaque patient avait reçu deux doses (entre 10 et 25 mg) à sept jours d'écart, accompagnés d'un soutien psychologique.

Par ailleurs, d'autre études scientifiques démontrent que la psilocybine n'est pas addictive et peut permettre de lutter contre la dépendance aux opiacés, ces antidouleurs à l'origine chaque année de milliers de morts par overdose aux Etats-Unis. Elle serait également bénéfique comme aide à l'arrêt du tabac chez les gros fumeurs.

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