Un étudiant sur vingt était parent en 2016 selon une étude de l'Institut national d'études démographiques. Une problématique largement oubliée du système éducatif français.

La halte-garderie de l'université de Jussieu ouverte au personnel et aux étudiants
La halte-garderie de l'université de Jussieu ouverte au personnel et aux étudiants © Radio France / Béatrice Dugué

Carole Chevallier a 29 ans et deux enfants de deux ans et huit mois. Mais Carole est aussi étudiante ; elle a repris un master pour passer le Capes et devenir enseignante en physique-chimie. Elle vit au Val d'Europe, en région parisienne, et étudie à l'université Pierre et Marie Curie, à Paris, à une quarantaine de kilomètres de là. Elle doit donc confier ses enfants à sa grand-mère ou les mettre à la garderie pour suivre son cursus.

Et Carole n’est pas un cas isolé. En 2016, on comptabilisait près de 110 000 étudiants parents d’au moins un enfant en France, selon une étude d'Arnaud Régnier-Loilier, directeur de recherches à l'Ined et relayée par l’Observatoire de la vie étudiante (OVE). 

Selon les résultats de cette enquête, la part de parentalité chez les étudiants est plus importante chez les filles (5 %) que chez les garçons (3,8 %). C’est principalement dans les universités et dans le secteur de la santé que les jeunes conjuguent parentalité et études.

Si leur part est plus importante dans ces secteurs, c’est aussi parce que les étudiants y sont plus âgés donc, pour certains, en reprise d’études. Ils sont seulement 28 % à avoir eu leur premier enfant alors qu’ils étaient en études. Concrètement, la proportion des jeunes de moins de 26 ans qui cumulent études et parentalité est très faible (5 %) alors qu’elle approche les 10 % autour de 28 ans. Les étudiants-parents sont d’ailleurs moins nombreux qu’il y a dix ans (de 5,4 % en 2006 à 5 % en 2016) et la France est un des pays d’Europe où le taux d'étudiants-parents est le plus faible. En comparaison, en Norvège, un quart des étudiants sont parents. La raison ? Un système éducatif davantage fondé sur la formation continue tout au long de la vie et des structures plus adaptées pour concilier vie de famille et apprentissage.

Les étudiants parents réussissent moins facilement leurs cursus

Parmi les étudiants-parents, la grande majorité des mères vivent au quotidien avec leurs enfants, contre moins de deux-tiers des pères, ce qui a un impact évident sur l’organisation. Le premier constat inquiétant dressé par l’étude est que plus d’un tiers des mères étudiantes sont obligées de rater des cours. Principalement car elles manquent de moyens de garde pour leurs enfants. Les pères sont aussi 16 % à ne pas assister à tous les enseignements, mais eux mettent en avant des raisons professionnelles. Car l'étude démontre aussi que les étudiants-parents sont plus nombreux à travailler que ceux qui n'ont pas d'enfants. On le sait, avoir un emploi pénalise la réussite scolaire ; si l'on ajoute la parentalité, les conséquences sont d’autant plus importantes. Ainsi, selon l’OVE, les étudiants parents valident moins leur premier semestre d’études que les autres : 37,4 % pour les mères étudiantes, contre 55,4 % pour les étudiantes sans enfants.

Quels dispositifs pour soutenir les étudiants-parents ?

Comme le raconte Carole, qui utilise la halte-garderie mise à disposition par son université, il existe cependant plusieurs aides notamment financières pour les parents qui souhaitent suivre des études :

  • La Paje (Prestation d’accueil du jeune enfant) est octroyée par la CAF jusqu’aux trois ans de l’enfant selon vos ressources.
  • Les bourses du Crous (Centre régional des œuvres universitaires et scolaires) accordées selon vos moyens en remplissant votre Dossier social étudiant (DES).
  • Les aides potentielles des services de la protection maternelle et infantile des Conseils départementaux.
  • Certaines mutuelles complémentaires proposent des primes à la naissance.

Il existe aussi des aménagements au cas par cas. Certains cursus et établissements permettent d’échelonner les formations, de valider ses examens sur deux ans au lieu d’un par exemple, pour cela il faut contacter l’administration.

Plusieurs structures éducatives proposent aussi des moyens de garde pour les étudiants-parents : une halte-garderie à l'université de la Sorbonne à Paris, une crèche à l’université de Clermont-Auvergne ou encore à l’université Paul-Sabatier à Toulouse. Ces établissements offrent souvent, en plus d’un aspect pratique, des tarifs attractifs pour les étudiants-parents. 

Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.