Au travers du hashtag #EtudiantsSansMaster, de nombreux étudiants témoignent des refus pour leurs candidatures en master. Sans proposition pour la rentrée prochaine, ils ne pourront pas poursuivre leurs études.

Seulement la moitié des étudiants inscrits en licence poursuivent par un master.
Seulement la moitié des étudiants inscrits en licence poursuivent par un master. © AFP / Maud Dupuy / Hans Lucas / Hans Lucas

Les résultats tombent un par un, et ce ne sont que des refus. "J'ai postulé à plus de cinquante masters, trente m'ont déjà refusé." Victor est étudiant en droit, et il veut devenir avocat. Avec deux licences (économie et droit), plus un diplôme universitaire en criminologie, il ne comprend pas ces refus en cascade. "On m’a encouragé à faire des années d’études, à me démener, pour m’arrêter à mi-chemin pour 'niveau insuffisant et nombre de places limitées'."

Comme Victor, Zinedine ne sait pas ce qu'il fera à la rentrée prochaine. Avec 11,6 de moyenne et un travail de 30h à côté, il ne lui reste plus qu'un seul choix : l'université de Lille. Sans grand espoir, il parle d'une injustice : "Je rentrais à 23h chez moi et je travaillais mes cours. Je n'avais pas le choix, sinon je ne pouvais pas payer mon logement. Mon travail n'a pas été récompensé."

Des histoires comme celles de Victor et Zinedine, il y en a des dizaines sur Twitter. Après une année d'études en pleine épidémie, les étudiants témoignent de leur désarroi avec le hashtag #EtudiantsSansMaster.

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Les motifs de refus tournent souvent autour du manque de place. "Une université m'a aussi refusé pour 'projet non en rapport avec la spécialité du master'. Je veux être psychologue en protection de l'enfance et le master était spécialisé en 'famille, école, justice'." Alexandra a postulé dans douze établissements, elle n'a eu que des avis défavorables. Avec 14 de moyenne, son dossier a également été rejeté pour "résultats insuffisants."

Des recours, en croisant les doigts

Mais face à tous ces refus, que faire ? Certains tentent des recours pour obliger leur académie à leur proposer une solution. C'est le cas d'Alexandra : elle a réuni toutes ses lettres de refus ainsi qu'un CV et une lettre de motivation. Si sa demande de saisine est acceptée, son académie devra proposer son dossier à trois établissements. Mais là encore, rien n'est sûr puisque les masters en question peuvent toujours refuser son dossier.

En effet, le peu de place dans les cursus ne permet pas d'assurer ce "droit à la poursuite d’études", en témoigne le nombre démesuré de candidatures face aux places disponibles.

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Pour accompagner les étudiants, le syndicat UNEF a lancé la plateforme SOS Inscription depuis plusieurs années. Des messages d'informations et une hotline sont mis à disposition pour leur permettre de faire un recours.

Une plateforme comme Parcoursup réclamée par une pétition

Suite au lancement du hashtag #EtudiantsSansMaster, deux étudiants ont également créé une pétition à destination de Frédérique Vidal, ministre de l'Enseignement Supérieur. Ils réclament une augmentation des places en master mais aussi la création d'une plateforme pour "une gestion nationale des candidatures, à la manière de Parcoursup".

Selon l'Etudiant, un tel dispositif devrait être mis en place en 2023 avec le site trouvemonmaster.gouv.fr, aujourd'hui utilisé comme portail d'informations. Il permettra ainsi de faciliter les candidatures, tout en améliorant la gestion des listes d'attente.