Depuis le début de la compétition, plusieurs équipes ont décidé de poser un genou à terre avant le coup d’envoi, en signe de protestation contre le racisme et les discriminations. Ce devait être le cas des joueurs français, mardi soir, face aux Allemands.

L'équipe de France prévoit de s'agenouiller sur la pelouse avant son premier match de l'Euro face à l’Allemagne, ce mardi à Munich
L'équipe de France prévoit de s'agenouiller sur la pelouse avant son premier match de l'Euro face à l’Allemagne, ce mardi à Munich © AFP / Franck Fife

Depuis le début de l'Euro, plusieurs sélections nationales ont décidé de poser le genou au sol, comme la Belgique, l'Angleterre, le pays de Galles, l'Écosse ou la Suisse. L'équipe de France prévoyait elle aussi de s'agenouiller sur la pelouse avant son premier match de la compétition face à l’Allemagne, ce mardi à Munich (21h), tout comme  l'équipe allemande. "Apparemment, c’est prévu", avait dit le capitaine bleu Hugo Lloris en conférence de presse ce lundi. Finalement les joueurs n'ont pas donné dans la génuflexion. "L’explication pourrait venir de l’interruption du protocole liée à l’arrivée d’un parachutiste sur le terrain, afin de militer en faveur de l’organisation écologiste Greenpeace", avance Le Parisien.

De son coté RMC sport assure que les Bleus ont pris ensemble la décision de ne pas faire ce geste quelques heures avant la rencontre.

Les joueurs français ont déjà mis genou à terre

Le 2 juin dernier, lors du premier match de préparation face au Pays de Galles, les joueurs français avaient mis le genou à terre quelques secondes avant le coup d’envoi. Mais l'image n'avait pas été retransmise à la télévision, en raison de la coupure publicitaire placée entre les hymnes et la début de la rencontre.

Les joueurs Kylian Mbappé et Presnel Kimpembe, membres du PSG, n'en sont pas à leur coup d'essai. Ils se sont déjà agenouillés, le poing levé, en décembre dernier, avant le reprise de leur match face au Basaksehir Istanbul, en Ligue des champions. Un signe de protestation au lendemain d'une interruption de leur rencontre après des accusations de racisme envers le corps arbitral. Puis ils ont reproduit ce geste face à Manchester City, en avril.

L'ancien champion du monde Marcel Dessailly salue le geste, mais trouve les joueurs un peu trop seuls dans ce combat : "Si j'étais joueur, je serais peut-être un peu lassé : c'est un truc récurrent, une forme d'obligation, ils montrent la voie mais à côté de ça il faut que les instances dirigeantes fassent un effort supplémentaire pour amener une vraie valeur ajoutée à ces gestes symboliques." Autrement dit, de vraies sanctions pour lutter contre le racisme dans le football.

Un geste venu des États-Unis

En mettant ainsi un genou à terre, les Bleus s'inscrivent dans la lignée de nombreux sportifs, dans le football, comme dans d'autres disciplines. À l'origine, la célèbre posture a été popularisée en 2016 par Colin Kaepernick et son coéquipier, Eric Reid, deux joueurs afro-américains de l'association d'équipes professionnelles de football américain (NFL).

Le geste est rapidement devenu un mouvement, "take a knee", symbole de la lutte contre le racisme, les discriminations et les violences policières. Après le meurtre de George Floyd, en mai 2020, il est devenu de plus en plus courant, en soutien au mouvement "Black Lives Matter". Il a ensuite été repris par des participants aux manifestations pour réclamer la lumière sur l'affaire Adama Traoré, en France.

Un signe de protestation dans la lutte pour les droits civiques

L'histoire de ce symbole remonte encore plus loin, à l'époque de la lutte pour les droits civiques aux États-Unis. En 1965, le pasteur afro-américain Martin Luther-King avait posé son genou au sol à Selma, en Alabama, le temps d'une prière, lors d'une manifestation pacifique avec des Noirs américains se battant pour faire respecter leur droit de vote.

Quant au poing levé, c'est une référence au geste de John Carlos et Tommie Smith,  athlètes afro-américains sur le podium des Jeux olympiques de Mexico en 1968.