Quand vous présentez les journaux comme je l’ai fait hier soir pour l’édition de 23H vous disposez d’un modeste privilège: celui d’écouter avant tout le monde les éléments sonores qui sont envoyés par les reporters et qui seront diffusés. 22H30, je fais mon choix : Martine Aubry sera diffusée dans le journal de 23H. Ségolène Royale dans l’édition de minuit. En studio, à l’écoute des deux femmes, nous rigolons avec Eric Lange et nous nous posons la question : Les électeurs seront-ils dupes où pas de cette mascarade de communication politique ? Car les assauts d’amabilités entre Aubry et Royale sonnaient faux. Tout d’ailleurs sonnait faux dans cette pseudo soirée de réconciliation. Martine Aubry avait même pris soin d’enfiler une veste blanche pour ne pas être en reste vis à vis de sa concurrente. On se fait la bise, on s’offre des cadeaux et l’on pense que le pigeon électeur de gauche fortement déplumé ces temps derniers va retrouver ses ailes pour voler vers une nouvelle victoire électorale ! Ridicule. Hier soir, la communication politique a atteint un rare degré de médiocrité. Personne n’est dupe. Personne ne croit à un vrai rapprochement entre les deux femmes. Martine Aubry mal élue sur fond de soupçon de fraude ne tient plus le PS. Ségolène Royale battue il y a deux ans n’est guère plus vaillante et légitime. Le syndrome Rocard de 1994 et l’explosion en plein vol plane au-dessus des socialistes. C’est dommage pour eux. Car même si les électeurs ne semblent pas presser d’aller voter, les socialistes ne récolteront pas grand-chose du raz-de-marée anti-Sarkozy qui s’annonce. Le PS a plus besoin d’une nouvelle génération politique que d’une unité de façade vieillissante.

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