PARIS (Reuters) - La société Eurotunnel assure lundi vouloir soutenir le projet de reprise de la compagnie maritime transmanche SeaFrance par ses salariés en prenant des parts majoritaires dans une société qui rachèterait ces navires.

Jacques Gounon, le P-DG, l'annonce dans un entretien à Libération publiée le lendemain d'une réunion interministérielle à l'Elysée sur le sujet présidée par Nicolas Sarkozy et le jour d'une audience au tribunal de commerce de Paris devant se prononcer sur une éventuelle reprise.

Les précisions de Marion L'Hour :

"Eurotunnel est candidat pour être majoritaire, quelque part entre 51% et 100%, dans une structure de portage qui reprendrait les navires de SeaFrance, pour ensuite les mettre à disposition de la Scop, qui serait l'opérateur de la compagnie", dit-il.

"Mon principal souci, c'est de faire en sorte qu'il n'y ait pas de drame social à Calais", ajoute-t-il. Eurotunnel est un concurrent de SeaFrance, filiale de la SNCF dont l'exploitation est déficitaire, et qui emploie plus de 800 personnes.

Le tribunal de commerce de Paris doit réexaminer lundi le dossier, avec trois options: une liquidation totale, une solution de reprise par les salariés avec une Société coopérative et de participation (Scop) ou l'arrivée d'éventuels investisseurs privés. Les juges peuvent aussi ordonner un nouveau renvoi.

Le syndicat CFDT de l'entreprise, qui soutient le projet de Scop, a rejeté cette semaine une proposition de dernière minute du chef de l'Etat, qui a avancé l'idée que le salariés placent dans la Scop, après une liquidation, des indemnités de licenciement supplémentaires que leur verserait la maison-mère, la SNCF - donc indirectement l'Etat - afin de relancer l'activité.

La CFDT de la société préfère une aide directe. Le gouvernement maintient toutefois son idée avec la proposition de 60.000 euros d'indemnités par salarié et une assurance que les créneaux d'accostage en Angleterre seront préservés.

Le dossier anime le débat politique à moins de quatre mois de la présidentielle. La gauche et les centrales syndicales condamnent l'idée de Nicolas Sarkozy de demander aux salariés de sacrifier leurs indemnités, qu'elles voient comme cynique puisqu'à leurs yeux cette solution ne peut pas fonctionner.

Thierry Lévêque

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