Le ministre de l'Éducation nationale, Jean-Michel Blanquer, a dévoilé ce lundi les premiers résultats des évaluations nationales passées en septembre par les élèves de CP et de CE1. Des évaluations dont les résultats sont plutôt mitigés, mais surtout très critiqués par les enseignants et les syndicats.

Le ministre de l'Éducation nationale, Jean-Michel Blanquer, s'est félicité de ces évaluations et espère combler le retard avec son projet de loi pour l'instruction dès 3 ans.
Le ministre de l'Éducation nationale, Jean-Michel Blanquer, s'est félicité de ces évaluations et espère combler le retard avec son projet de loi pour l'instruction dès 3 ans. © AFP / GERARD JULIEN

D'après le ministre de l'Éducation nationale, 23 % des élèves en début de cours préparatoire (CP) ont des difficultés à reconnaître les lettres et les sons qu'elles produisent et 8 % à reconnaître les nombres dictés. En CE1, un tiers des élèves lisent moins de 30 mots par minute, alors que l'objectif national est de 50 mots, en fin de CP et que la moitié d'entre eux a des difficultés en calcul mental. 

Des chiffres peu glorieux, à première vue, pour les écoles françaises, mais qui sont en réalité très contestés car la méthodologie des tests ne serait pas adaptée. C'est ce qu'affirme par exemple le spécialiste de la lecture, Roland Goigoux, qui explique qu'à l'âge de six ou sept ans, les tests se font en tête à tête pour être valables et non pas en classe entière, une situation plus stressante pour les élèves.

Barème critiqué

D'autre part, l'exercice visant à évaluer la reconnaissance des lettres et des sons était lui aussi sujet à caution. Le maître ou la maîtresse devait énoncer un mot et les élèves désigner la lettre qu'ils entendaient au début de ce mot, en l'entourant dans une liste de 5 lettres. Pour le mot "feuille", par exemple, il fallait donc être capable de reconnaître le premier son et de l'associer à la lettre F. Un exercice complexe pour un petit qui vient de la maternelle. Pour Roland Goigoux, rien d'étonnant alors à ce qu'un élève sur quatre échoue.

Pour la lecture en CE1, le chercheur rappelle aussi que le ministère avait fixé à 11 mots par minute le seuil de difficulté sévère. Ainsi, il est inconcevable de parler d'échec avec un score de 30 mots par minute.

Jean Michel Blanquer demeure toutefois très fier de ces évaluations  et ne remet pas en cause les enseignants. Pour le ministre, les retards observés s'expliquent par des difficultés sociales et familiales, des difficultés qu'il espère compenser notamment grâce à l’instruction obligatoire dès 3 ans pour améliorer le niveau des élèves. La mesure fait partie d’un projet de loi dévoilé ce lundi matin au Conseil supérieur de l’Éducation, un organe consultatif de l’Éducation nationale.

Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.