Des hommes cagoulés ont violemment expulsé dans la nuit de jeudi à vendredi des étudiants qui occupaient un amphithéâtre de la faculté de droit de Montpellier. Une enquête judiciaire et une enquête administrative ont été ouvertes.

Des hommes cagoulés ont violemment expulsé dans la nuit de jeudi à vendredi des étudiants qui occupaient un amphithéâtre de la faculté de droit de Montpellier
Des hommes cagoulés ont violemment expulsé dans la nuit de jeudi à vendredi des étudiants qui occupaient un amphithéâtre de la faculté de droit de Montpellier © CC Wikipédia / Vpe

Dans la nuit de jeudi à vendredi, des hommes cagoulés et armés de planches de palettes de bois, sont venus s'en prendre à un groupe d'étudiants qui occupaient l'amphithéâtre de la faculté de droit depuis l'après-midi.

En quelques minutes, les étudiants sont traînés au sol, frappés à coups de bâton en bois, et sortis de l'amphi sous les insultes

"Ils faisaient des bruits de Taser. Ils ont attrapé les deux premières personnes qu'ils ont vues et les ont fracassées. Ils nous ont traînés par terre sous les coups qui pleuvaient. Une copine était en sang, au sol. Je suis encore sous le choc de cette violence extrême. Tout le monde s'est fait sortir de la fac", raconte Léna, qui a filmé une partie de la scène, largement reprise sur les réseaux sociaux.

Léna explique qu’elle a eu vraiment peur de ces hommes en noir et cagoulés. Elle les a vus, une fois l'opération terminée, se démasquer et se féliciter d'avoir réussi l'opération "d'avoir fracassé des gauchos", comme elle le rapporte.

Le doyen montré du doigt

La faculté de lettres Paul Valéry de Montpellier est bloquée régulièrement depuis la mi-février par des étudiants qui protestent contre la nouvelle loi portant sur les règles d'accès à l'université. Jeudi, 1 000 à 2 000 étudiants ont participé à une manifestation unitaire pour la défense des services publics. Certains ont ensuite occupé la faculté de droit.

Le doyen de la faculté de droit était présent jeudi soir, lors de l'irruption du commando. Certains étudiants affirment qu'il n'a rien fait pour empêcher les violences. Philippe Pétel dénonce lui l'occupation de l'amphithéâtre par des étudiants extérieurs à la fac de droit. "La situation nous a échappé du fait des occupants. En aucun cas, je n'ai encouragé ces violences", s’est justifié le doyen. "L'amphithéâtre était occupé depuis le début de l'après-midi par des étudiants extérieurs à la fac de droit, _la situation était très tendue entre ces grévistes et les étudiants en droit, qui ne souhaitaient pas que la fac soit occupée_, pour continuer de travailler. J'ai demandé à deux reprises à la police d'intervenir pour faire évacuer l'amphi, mais le préfet a refusé", a expliqué Philippe Pétel.

Le président de l'Université de Montpellier, Pierre Augé a décidé de fermer la faculté de droit jusqu'à lundi "afin de prévenir tout risque de troubles à l’ordre public". Il a également porté plainte contre X pour "que toute lumière soit faite sur les événements survenus la nuit dernière." 

La ministre de l'Enseignement supérieur a condamné "avec la plus grande fermeté ces actes de violence" et souhaité que "toute la lumière" soit faite. Frédérique Vidal a pour cela diligenté une enquête de l’Inspection générale de l’administration de l’Education nationale et de la recherche qui doit se rendre sur place dès lundi.

Ce vendredi midi, près d'un millier d'étudiants se sont rassemblés devant la fac de droit pour dénoncer ces violences et réclamer le départ du doyen de la faculté de droit.

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