Au Liban, l'épidémie, repartie à la hausse après les fêtes de Noël, est désormais hors de contrôle. Face au système de santé saturé, les autorités ont imposé un reconfinement total, à partir de ce jeudi et jusqu'au 25 janvier. En réponse, les commerces d'alimentation sont pris d'assaut par la population. Reportage.

Dans les supermarchés de Beyrouth, la population se rue dans les rayons pour faire ses stocks avant un confinement total du Liban
Dans les supermarchés de Beyrouth, la population se rue dans les rayons pour faire ses stocks avant un confinement total du Liban © AFP / JOSEPH EID

Ambiance chaotique dans ce supermarché de Beyrouth : à peine remplis, les rayons sont vidés : "Le jambon, le fromage, les pommes de terres, c’est vide", résume Michel, alors que des clients font la queue dehors car il y a trop de clients à l’intérieur, et que d’autres font la queue dedans à la caisse, car les caddies débordent de provisions.  "J’ai fait mes courses en deux temps, j’ai acheté une partie hier et l’autre partie aujourd’hui", explique Youssef, qui doit aussi ravitailler sa sœur, une infirmière récemment contaminée et désormais cloitrée chez elle. 

Dans les allées d'un supermarché de Beyrouth
Dans les allées d'un supermarché de Beyrouth © AFP / JOSEPH EID

"Vous ne pouvez pas blâmer les gens qui viennent chercher ce dont ils ont besoin, c’est de la faute du gouvernement, qui ne planifie jamais, qui prend tout le monde de cours"

Noël et le jour de l'an comme si de rien n'était

"C’est aussi de sa faute car il n’a pas fait respecter les mesures sanitaires pour les fêtes de fin d’année", ajoute-t-il, avant de sortir avec une dizaine de sacs dans les mains. Moins chargée, plus âgée, mais tout aussi remontée, Amal, la soixantaine, en veut au contraire à ses compatriotes : "Tout le monde savait qu’on allait en arriver là", insiste-t-elle, en déplorant que trop de Libanais aient célébrés Noël et Jour de l’An comme si de rien n’était. 

"C’est la responsabilité des gens, qui sont inconscients, qui pensent encore que c’est une blague et qu’il n’y a pas de Covid, que dieu nous protège", poursuit-elle. Dès jeudi matin 5h, plus de queues, plus de supermarchés, le Liban sera à l’arrêt, totalement reconfiné pour 11 jours au moins. 

Une avenue déserte de Beyrouth, 10 janvier 2021
Une avenue déserte de Beyrouth, 10 janvier 2021 © Radio France / ANWAR AMRO

Quarantaine à ses frais

L’aéroport de Beyrouth, le seul du pays, restera ouvert mais les conditions d’entrées dans le pays ont déjà drastiquement changé. Test PCR et isolement obligatoire à l’hôtel jusqu’au résultat, qu’on soit libanais ou étranger. Et pas question de s’éclipser : "Personne n’a le droit de venir te chercher à l’aéroport, j’ai été emmené à l’hôtel par un taxi, avec un militaire, je ne peux pas sortir de ma chambre pendant deux ou trois jours, en attendant les résultats du test PCR ; s’il est positif, je dois rester quinze jours à l’hôtel et c’est à mes frais", témoigne ainsi une expatriée italienne rentrée de congés en début de semaine.