Denrées périssable dans un hypermarché
Denrées périssable dans un hypermarché © CC jean-louis Zimmermann /

Trois personnes sont convoquées mardi devant le tribunal correctionnel de Montpellier, pour avoir emporté des denrées dont les dates de péremption étaient dépassées, qu'elles avaient récupérées dans des containers à déchets d'un supermarché de Frontignan.

Dans la nuit du 27 mai dernier, trois jeunes, Adrien, Léa et Mike, récupèrent des sacs de nourriture dans les poubelles d'un supermarché de Frontignan pour se nourrir. Ces denrées étaient destinées à être jetées. Les aliments avaient été jetés par l'Intermarché, mais laissés dans la cour intérieure du supermarché. Et c'est pour cela que c'est considéré comme un vol . En sortant du parking ils sont arrêtés par la Brigade Anti-Criminalité (BAC) et passent douze heures en garde à vue au commissariat de Sète. Le procureur décide ensuite de lancer des poursuites contre eux pour avoir "frauduleusement soustrait des denrées périssables avec date dépassée".

Un procès symbolique

L'audience se déroule à 14 heures, ce mardi, devant le tribunal correctionnel de Montpellier. La Ligue des Droits de l'Homme organise une manifestation devant la cité judiciaire. La ligue se mobilise autour de cette audience qu'elle considère comme le procès du gâchis alimentaire et la criminalisation de la pauvreté.

Le reportage de Claire Moutarde

Un procès qui se tient alors qu'une proposition de loi pour la réduction du gaspillage alimentaire va être présentée à l'assemblée nationale

Alors que des millions de personnes n'ont pas de quoi manger à leur faim, le secteur de l'agroalimentaire jette tous les jours des tonnes de marchandises invendues. Beaucoup de supermarchés rendent même ces produits inconsommables en les arrosant de Javel.

Manuel Valls a confié en octobre au député PS de la Mayenne Guillaume Garot, ancien ministre délégué à l'agroalimentaire, une mission sur le sujet, dont les conclusions sont attendues d'ici deux mois.

Interpellé par des députés UMP lors de l'examen du projet de loi Macron, Bruno Le Roux a assuré que la future proposition de loi reprendrait "totalement les conclusions" de la mission et serait examinée aussitôt dans le cadre d'une "niche" réservée au groupe PS à l'Assemblée.

Alors que des élus UMP, Frédéric Lefebvre et Jean-Pierre Decool en tête, avaient déposé des amendements visant à autoriser des commerces à passer une "convention d'organisation de la collecte sécurisée des denrées alimentaires invendues encore consommables au profit d'une ou plusieurs associations d'aide alimentaire", le ministre de l'Economie Emmanuel Macron a plaidé pour qu'un "vrai dispositif complet soit mis en place".

En attendant

Certains ont pris les devants. C'est le cas d'Arash Derambarsh, un élu divers droite de Courbevoie dans les Hauts de Seine qui, trois fois par semaine avec des bénévoles, récupère les invendus d'un supermarché de la commune pour les redistribuer à ceux qui en ont besoin.

(Photo en page d'accueil : David Buffington/Spaces Images/Corbis)

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