Résidents qui proposent d'aller faire les courses pour les plus vulnérables, troc entre voisins, "kit coronavirus", groupes sur les réseaux sociaux... Les initiatives solidaires locales essaiment, alors que les Français sont invités à rester chez eux face à l'épidémie de Covid-19. Florilège.

De beaux gestes, comme aller faire les courses à la place d'un voisin fragile.
De beaux gestes, comme aller faire les courses à la place d'un voisin fragile. © Getty / HollenderX2

Pour éviter la propagation du coronavirus, on rappelle que le confinement reste la meilleure des solutions. Les personnes âgées de plus de 70 ans et celles qui ont la santé fragile sont particulièrement encouragées à se calfeutrer. Du coup, loin des bousculades dans les supermarchés, de beaux gestes de solidarité entre voisins et habitants naissent un peu partout en France.

Donner des cours aux enfants des personnels hospitaliers

Exemple de solidarité dans le Berry, rapporté par France Bleu. Marie, habitante de Vatan dans l'Indre, propose d'accueillir quatre enfants par jour, de les occuper et de leur donner des cours. Elle veut avant tout venir en aide aux enfants du personnel médical ou hospitalier : "On sait que le corps médical va être extrêmement sollicité ces prochaines semaines. Ce sont des personnes qui vont être très préoccupées aussi pour leur propre santé et celle de leur famille. C'est une manière de leur redonner un peu de sérénité", témoigne-t-elle sur France Bleu Berry.

Proposer aux voisins de faire leurs courses

C'est le cas, par exemple, dans cet immeuble parisien : des résidents, sur la base du volontariat, proposent de faire leurs courses pour les plus vulnérables. Deux feuilles, scotchées dans le hall, où ceux qui le souhaitent sont invités à inscrire leur nom et leur étage : 

"C'est l'initiative d'amis dans le 20e arrondissement de Paris et nous venons de mettre la même dans notre immeuble dans le 11e arrondissement", témoigne l'auteur du tweet, joint par France Inter : _"des petits gestes de solidarité vont nous permettre de garder l’espoir."  _Et l'initiative est loin d'être isolée : 

Troc entre voisins

À Clermont-Ferrand, on signale aussi des échanges de produits entre voisins, façon troc :  

Imprimer l'attestation de sortie pour son voisin

Depuis ce mardi midi, il est nécessaire de remplir une "attestation sur l'honneur" pour justifier ses déplacements. Il faut "mentionner le motif du déplacement, sa destination et ses raisons", a expliqué le ministre de l'Intérieur Christophe Castaner. Certains voisins, généreux, ont imprimé ces attestations et les mettent à disposition de tous dans le hall de leur immeuble :

Un kit solidaire à télécharger rencontre un immense succès

"Ça fait un bien fou." Atanase Perifan, le fondateur de "Voisins solidaires", n'en revient toujours pas :  le "kit coronavirus" de l'association, pour mettre en place une solidarité entre les habitants, a été téléchargé 68.000 fois en trois jours. "Le kit est composé de plusieurs feuilles à imprimer", indique celui qui a aussi créé la Fête des voisins : "Une affiche à mettre dans le hall de l'immeuble, un tract à mettre dans toutes les boîtes aux lettres..."

Un panneau des voisins, aussi, où chacun peut inscrire quel service il est prêt à rendre. Atanase Perifan décrit une belle scène à laquelle il a pris part lundi après-midi : "J’était avec Loulou la gardienne, Fabien, un gars de 30 ans et Jennifer, une habitante du quartier. Ils sont allés faire les courses pour Monique, une voisine âgée", relate-t-il. "En revenant, devant l'immeuble, on lui a chanté une petite sérénade. Monique a ouvert sa fenêtre : elle a descendu son panier par la fenêtre avec une ficelle, et on a déposé les courses."

Atanase Perifan a du mal à contenir son enthousiasme face à ces élans de fraternité : "Ce sont pour moi les héros du civisme ordinaire. Ils ne font pas la première page de Gala ou de Voici. Ce sont ces français qui font des gestes simples et qui nous font dire qu’on habite dans un pays où il fait bon vivre."

C’est réjouissant de voir se lever depuis quelques jours des initiatives partout. Ca va être un tsunami de solidarité. Ça fait chaud au coeur", Atanase Perifan, fondateur de "Voisins solidaires"

Un panneau du "kit coronavirus" accroché dans un hall d'immeuble, déjà bien rempli.
Un panneau du "kit coronavirus" accroché dans un hall d'immeuble, déjà bien rempli. / Atanase Perifan

Cliquez sur ce lien pour télécharger le kit.

La solidarité en groupe sur Internet

Face à l’épidémie, beaucoup de groupes Facebook, qui visent à s’entraider, voient le jour partout en France. Nos confrères de France Bleu Occitanie ont noté par exemple les groupes "S’entraider face au coronavirus à Toulouse" ou encore "Coronavirus solidarité 31". Une autre page, intitulée "Coronactivités en famille", s’adresse aux parents en région toulousaine et se propose notamment de relayer des propositions pour la garde d’enfants. 

Dans la même veine, une Strasbourgeoise a créé un groupe Facebook pour aider les parents à trouver une nourrice, rapporte France Bleu Alsace : 200 membres en à peine 5 heures. "Je me suis dit que c'était trop bête que chacun s'organise individuellement et qu'il y avait moyen d'organiser cela collectivement", déclare, à France Bleu, Mia, la fondatrice de la page : "Beaucoup de monde est prêt à se mobiliser dans la garde d'enfant"

Des groupes Facebook pour se serrer les coudes.
Des groupes Facebook pour se serrer les coudes. / Capture d'écran

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